‹ La géographie du TalmudChapitre 29 sur 219 · LIVRE PREMIER. I.A PALESTINE ht · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. I.A PALESTINE ht

Le dernier mot est évidemment une faute des copistes et on doit lire à sa place Belh-Jerah, sur le lac de Tibériade. Jéricho est trop près de l’embouchure du Jourdain, et Jéricho ne s’appelle pas Beth-Jéricho; en second lieu le Talmud aurait dû dire «vers Beth-Jéricho1 >, puisque Jéricho est située à une certaine distance du Jourdain. Les Arabes aussi font varier la dénomination de ce fleuve : ils appellent el- Ourdan la partie qui coule en amont du lac de Tibériade, et Esch-Scheriah celle qui coule en aval.

Le Talmud4 raconte comme chose merveilleuse que les eaux du Jourdain, en traversant le lac de Tibériade, ne se mêlent point à celles-ci. Une certaine plante dont on faisait usage pour composer l’encens du Temple, poussait probablement sur les rives du Jourdain, à en juger d’après le nom Kipath hayyarden 3 que le Talmud lui donne. LesTalmuds parlent des canots du Jourdain1 : le courant est si rapide que ces barques ont dû servir non à descendre le fleuve, mais à établir une communication entre les deux rives.

Le Jarmouk (le Hieromax, aujourd’hui Scheriath-el- Mandhour) est presque aussi grand que le Jourdain5 dans lequel il se jette au-dessous du lac de Tibériade. La Mischna6 dit que les eaux du Jourdain et du Jarmouk ne peuvent être employées dans le Temple, parce que ces deux fleuves reçoivent des eaux impures.

‘rrprrata; Hacarmel, journ. hébr., 4' année, p. 23.

- Bereschith rnbbah, ch. 4.

3rrrn ro.» Tulm.de Bab., Ktrithoth, S a. Quelques commentateurs l'expliquent pur « les excréments d’un poisson qui se trouve dans le Jourdain'. * Cf. Arouih, adtocem.

1 Tulra. de Jér., Sabbalh, îv, 2, p-ppj fQvjj;, ou

5 Robinson, Phys, geogr., p. 182.

hParah, vm, 9.

I,A GEOGRAPHIE DE TALMÜD

Le Karmion serait, selon M. Schwarz1 * , la rivière Amana de la Bible, appelée par les Grecs Xpusofpésu (aujourd'hui el-Barada, près de Damas). Nous croyons plutôt qu’il faut lire dans le Talmud p’aip (Kadmion) et l’identifier avec la rivière Kischon- (aujourd’hui Nahrel-Mokatta). On pourrait lire également dans le Talmud jVDlp et identifier la rivière ainsi appelée av^c la rivière Xopsiou 3 4, mentionnée par Ptolomée, et qui nous semble être la même que le Kischon.

La rivière Figah est, selon M. Schwarz1, un affluent de Barada descendant d’une source nommée el-Fidjeh; cette rivière serait le Parpar de la Bible, identification très-douteuse. Nous inclinons plutôt vers l’opinion de Reland5, qui prend le Figa pour le Pagida (Belus) de Pline.

La Mischna6 dit des rivières Karmion et figa que, « leurs eaux étant troubles, elles ne peuvent pas servir pour les sacrifices. »

Les Talmuds7 parlent d’une rivière Ginai ('N";). R. Pinhas-ben-Yaïr ne pouvant pas traverser un jour cette rivière, l’apostropha en lui disant : « Ginaï, Ginaï, pourquoi m’empêches-tu d’aller à l’école? »

Selon M. Schwarz8, cette rivière serait identique avec ouadi Djinin près En-gannim Djenin). M. Schwarz omet de dire de quel En-gannim il veut parler, car on en compte deux : l’nn dans la tribu de Juda et l’autre dans

1 Pas heilige Land. p. 31.

ïC,CHp Juges, v, 21.

3 Heland, Paleeslina, tome I, 457.

4 Dos heilige Land , page 31 .

s Palastina, tome I, p. 290. >

K Parai, viii, 9.

7 Talm. de Jér., Piah, i, 3 ; Talm. de Bab., Holin, 7 a.

K Das heilige Laud, page 30.

L1VKE PRJiiiiliU. LA PALESTINE 33

celle d’Issachar1. M. Oppenheim place cette rivière près d’Ascalon, là où, selon lui se trouve actuellement le village de Djenin *.

Les rivières Yabbok et Zered sont connues par la Bible et nous les avons mentionnées à propos des frontières 3.

Nous ne devons pas passer sous silence le fleuve Sabbatique. A ce sujet Pline1 est d’accord avecle Midrasch. On dit dans le Midrasch-’ que les eaux de cette rivière coulent rapidement pendant six jours de la semaine et s’arrêtent le jour du sabbath. Josèphe 6, au contraire, prétend que les eaux du fleuve sabbatique coulent seulement le septième jour. Robinson 7 identifie ce cours d’eau avec le Nahr-el-Arus qui coule entre les villes d’Arka8 et de Raphanéa. Les eaux de ce fleuve intermittent coulent maintenant tous les trois jours, ce qui n’empêche pas les musulmans de cette contrée d’afflr-

1 Josué, xv, 34; xix, 21.

- Cf. Monathsschri/t, de M. le D' Frankel, 1860, p. 197. M. Oppenheim ajoute que le mot que nous avons trouvé dans le chapitre des frontières (voy. ci-dessus, page 21), désigne également cette rivière. Selon son opinion, elle forme la frontière du côté d’Ascalon. On ne trouve mentionné nulle part un village Djenin près d’Ascalon; Robinson [Phys, geogr., p. 218) dit que En Gannim, en Judée, est encore inconnu. Le village Djenin est identique avec l’endroit En Gannim, en Galilée.

» Cf. ci-dessus, p. 21.

4 Hist. nat., xxxi, 2.

5 ÎVtOZDD Ti: ! Bereschitk rabba, ch. 2.

8 Guerre, VU, v, 1 .

7 Phys, geogr., p. 327,

8 Cette ville est peut-être désignée sous le nom Opip ( Arka

sur-Liban), dans le Talmud de Bab., Bekhoroth , 57 4.; Bereschitk rahbah, ch. 37.

mer que les eaux du Nahr-el-Arus ne coulent que tous les septièmes jours, savoir : le vendredi.

Les Talmuds ne nous apprennent rien de particulier sur le torrent Kidron. Nous en parlerons dans la topographie de Jérusalem. Beaucoup d’endroits qui portent l’épithète py «source» seront traités dans la partie topographique, car on ne veut pas désigner par cette expression des sources, mais des villages. Les Talmuds mentionnent aussi deux citernes, savoir : « la citerne à roue1 » et « le puits d’Ahab*. » Ce dernier possédait comme la grotte de Panéas des eaux de sources. M. Schwarz3 place le « puits d’Ahab » près de Beyrouth ; il y trouve un endroit que les Arabes nomment En Ahab? Mais tout cela est plus que douteux.

Parlons maintenant des sources thermales.

Les Talmuds 4 en mentionnent trois; on y dit : « Trois sources sont restées après le déluge : celles de Tibériade. de Gadara et de Birarn. » Les eaux thermales de Tibériade sont appelées dans les Talmuds « les eaux bouillantes5, » « les eaux chaudes » (Hamé) « et les bainsu » de Tibériade.

L’Ammaüs des Grecs vient du mot hébreu Hama (non) « être chaud, » et on emploie généralement cette dénomination pour tous les endroits où se trouvent des

i tliddoth, v, H7I.TI Tü-

*Mischnn, ParaJi, vin, 11.

3 Dot heilige Land, p. 39.

1 îTJ’j/i trce w tut cno rmw nts’to prvr n idn

Cp '21 TQT> Taliu. de Bab., Sanhédrin, 108 a.

5 pnpIEl T ; Midrasch Kokdetn , x, 1 .

CN "Gül ; Talm. de Jér., Péah , vm, 9.

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