LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
eaux thermales. Pline 1 ainsi que Josèphe * connaissaient les eaux thermales de Tibériade sous le nom d’Ammaüs, et les Talmuds 3 mentionnent un endroit appelé « Hamlha » près do Tibériade. On y trouve encore aujourd’hui deux établissements de bains chauds. Les eaux ont le goût salé et amer comme l'eau de mer chauffée ; il s'en dégage en même temps une odeur sulfureuse assez prononcée; leur température s’élève à 49 degrés4. Les baigneurs s’y rendaient d’ordinaire vers la Pentecôte (mai et juin), et la saison durait vingt et un jours 5.
Les Talmuds mentionnent deux bassins à Tibériade, l’un contenant des eaux douces et l’autre des eaux salées6.
Les eaux thermales de Gadara sont appelées dans les Talmuds « leseaux bouillantes » ou simplement les eaux de Gadar. Eusèbe 7, saint-Jérôme et d’autres écrivains de l’antiquité parlent des eaux thermales de Gadara ou Amatha; les Talmuds 7 aussi mentionnent un endroit Hamlha, près de Gadara. Ces bains sont très-fréquentés encore de nos jours; on les préfère aux eaux de Tibériade. Robinson9 identifie Gadara avec Oum heis et parle de quatre sources ; les Arabes en comptent dix. La tem-
* HUt. nat ., v, 15.
* Antiquités, XVIII, h, 3, et dans d’autres passages.
3 Voy. art. Tibériade, dans la partie topographique.
•Talm. de Bab., SnbbalA, 147 b. Aujourd’hui on fréquente ces eaux au mois de juillet; Robinson, Bill, researches, t. II, p. 383-385.
5 Robinson, Phys, geography, p. 187.
“prite b-j nnNi ppinn P» nnN nvtsiDNTi» c» rn; Talm.
de Jér., Sabbath, ni, 4 ; Anlonin le martyr dans Relund, Palastina t. Il, p. 1039.
7 Onomasticon, articles Aemath Gadara.
8 Talm. de Jér., Kiddouschin, in, 14.
9Pkys. geogr., p. 1SU.
pérature des eaux varie entre 34 et 43° centigrades; ces eaux dégagent également des vapeurs de soufre et elles déposent un résidu sulfureux jaune sur les pierres qui se trouvent à proximité.
La grande source de Biram se place, selon M. Schwarz1 , entre Damas et Bagdad. Quoi de plus invraisemblable ! Nous ne croyons pas que les Talmuds aillent chercher si loin la troisième source chaude, puisqu’ils ont connaissance de Callirhoë. Josèphe 4 parle d’un lieu situé dans la vallée autour de Machærus, nommé Baaras, où l’on voit, principalement pendant la nuit, surgir une espèce de flamme. Eusèbe et saint Jérôme appellent cette localité Baris ou Baru 3. A cette place se produisait probablement une sorte d’éruption volcanique, car dans le voisinage se trouvent les sources de Callirhoë. Il faut peutêtre lire dans le passage talmudique D,'12 au lieu de OT3 et entendre par là la place Baris.
Nous serions incliné à croire que le Talmud désigne cette vallée, où l’on observe le phénomène des flammes dans la nuit, par « vallée de Hinnom, » et la place Baris par « porte de Géhenne. » Voici ce que le Talmud 4 dit à propos de la discussion au sujet des variétés de palmiers qu’on peut employer pour la cérémonie de la fête des Cabanes. « Il y a deux palmiers dans la vallée de Hinnom5, entre lesquels sort une forte fumée. « La mischna
* Dus heüige Land , page 275.
* Guerre, VIH, vi, 3.
3 Onomasticon. art. Beclmeon, Caria tliaïm.
4Talm. de Bab. Soukka, 32 b,.
8 L’expression « vallée de Hinnom » est employée dans le dernier siècle avant Jésus comme symbole de l’enfer (terre d'une nature volcanique), par allusion au feu de Moloch qu’on allumait dans la vallée de Hinnom, au sud de Jérusalem. Cf. Winer, Bibl. Kealnœrterbuck, 3* éd., t. I, p. 492.