‹ La géographie du TalmudChapitre 9 sur 219 · XXXVI ■ PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVI ■ PRÉFACE

pour la géographie et pour l’histoire dans les livres talmudiques : les variantes d’une même indication sont très-fréquentes, et nous n’avons très-souvent aucun indice de nature à nous guider dans le choix. Il est certain encore que les textes talmudiques renferment pour les noms géographiques, plus que pour tous les autres, une multitude de fautes de copistes. A notre connaissance, il n’existe pour le Talmud de Jérusalem, le plus important, et que les éditeurs ont le plus négligé, aucun manuscrit, à l’aide duquel on pourrait s’assurer de la véritable leçon. Pour le Talmud de Babylone, nous avons des manuscrits nombreux ; mais on ne les a pas encore examinés minutieusement *.

On doit comprendre facilement, d’après tout ce qui précède, que je ne peux employer les données géographiques et historiques des Talmuds qu’en y joignant des conjectures que le lecteur rencontrera, peut-être trop souvent, dans le courant de ce travail. Si l’on considère depuis combien de temps déjà les savants s’occupent de Josèphe, qui avait cependant le dessein formel d’écrire l’histoire des Juifs; si l’on veut bien se rappeler (pie de manuscrits ils avaient à leur disposition pour établir un texte correct, et que de noms de villes restent toujours à expliquer avec certitude, on ne s’étonnera pas trop que la géographie du Talmud, étu-

i M. Raphaël Rabbinowitz a entrepris ce travail difficile de collationner les manuscrits talmudiques de la bibliothèque de Munich et d'autres en Allemagne ; le Stder Zeralm vient d’être publié sous le litre de Dikdouké Sopherim. J’ai pu collationner, surtout pour le deuxième livre de ma géographie, les manuscrits talmudiques à Oxford ; mais il reste à taire encore le même travail pour le manuscrit du Vatican et celui de Florence.

PREFACE

diée pour la première fois dans toute son étendue, n’offre fréquemment que des résultats douteux. Je ne me flatte donc pas de présenter un travail définitif; je pourrais presque dire que je n’ébauche ici qu’un essai, et j’accepterai avec la plus sincère reconnaissance les critiques que les savants voudront bien m’adresser pour compléter mon œuvre.

Malgré toutes ces difficultés, je me suis rendu au désir de l’Académie qui demandait, si j’ai bien compris la question, un traité méthodique sur la Palestine, d’après les Talmuds. J'ai adopté, sur les traces de Josèphe, quatre divisions principales de la Palestine : la Judée, la Samarie, la Galilée et la Pérée; néanmoins le Talmud lui-même ne reconnaît pas la Samarie. Pour chaque pays, j’ai conservé autant que possible la distinction physique adoptée par les Talmuds, en pays montagneux, en pays de plaine et en vallées ; cependant je n’ai pu conserver fidèlement cette distinction que pour la Galilée. J'ai ajouté un chapitre spécial pour les noms d'endroits douteux que je crois situés en Palestine. Le résumé que j’y ait joint est le résultat de mes conjectures personnelles. Voilà tout ce que contient le premier livre de mon ouvrage.

Le deuxième livre (qui n’a pas été présenté à l’Académie) traite des notions géographiques données par le Talmud sur les pays qui sont hors de la Palestine. J’ai classé ces pays sous cinq chapitres : le premier concerne la Syrie, pays regardé à certains égards comme faisant partie de la Palestine; le deuxième chapitre traite de l’Asie mineure; le troisième traite de la Mésopotamie; pour ces trois pays les Talmuds nous fournissent

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le plus de documents; le quatrième, des autres pays de l’Asie; le cinquième chapitre estrelatifà l’Afrique et à l’Europe ; mais ici les données talmudiques se réduisent presque à rien.

J’ai ajouté un premier appendice sur les différents peuples mentionnés dans les Talmuds. J’ai cru bien faire aussi do mettre un second appendice sur la manière dont le Targoum du Pseudo-Jonathan explique les frontières de la Palestine, indiquées dans le Pentateuque, car ce Targoum est contemporain des Talmuds.

J’ai compulsé pour ce travail Josèphe, Eusèbe, saint Jérôme, et d’autres Pères de l’Église, les voyageurs, soit du moyen âge, soit des temps modernes, enfin les nombreux articles des savants sur la géographie du Talmud, disséminés dans différents recueils.

Il n’y a point de règle pour la prononciation des noms géographiques dans les Talmuds, ce recueil étant rédigé sans points-voyelles. J’ai donc dû me décider pour une prononciation arbitraire que le lecteur pourra modifier selon son opinion, puisque l’original se trouve à côté de la transcription.

Avant de finir, je dois exprimer ma sincère gratitude envers M. Renan, pour les observations critiques qu’il a bien voulu m’adresser, et pour ses conseils, dont j’ai profité du mieux que je l’ai pu.

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