XXXIV PRÉFACE
de lViiégie du fameux Éléazar llahalir que j'ai lait usage, car l’auteur a puisé dans d’anciens Midraschim.
Un autre ouvrage posttalmudique, le Halakhoth guedoloth de R. Simeon de Kaïrowan, écrit dans le style de la Mischna, est un résumé des discussions halachiques du Talmud ; ce livre renferme de nombreux passages utiles à l’histoire et à la géographie.
Après avoir énuméré les ouvrages dont je me >uis servi, je dois parler des difficultés que m’offrent les documents talmudiques et de la méthode que j’ai employée.
Les Talmuds ne donnent point des indications trèsdirectes pour la géographie, si l’on en excepte 1° pour la Palestine, les passages qui concernent les frontières, les mers, la distribution physique des trois pays, la Judée, la Galilée et la Pérée, et quelques villes bibliques avec l’énumération de leurs noms contemporains; 2° pour la Babylonie, le passage où l’on parle des frontières de ce pays. Même dans ces textes, les docteurs n'ont nullement en vue la géographie elle-même , ils donnent simplement des indications géographiques en fixant les règlements religieux applicables à ces différents lieux. Ainsi, par exemple, pour la Palestine et la Syrie, les docteurs parlent de la géographie en traitant des prélèvements pour le Temple et pour les Lévites; pour la Babylonie, en disant dans quel district les Juifs sont moins mélangés avec les païens.
Ainsi, je l’ai déjà lait pressentir, les Talmuds ne forment point une encyclopédie régulière, où les différentes branches de la science soient classées dans
PREFACE
un ordre quelconque; ils ne sont que des traités halachiques ou agadiques, et c'est le hasard qui amène les docteurs à parler d’autre chose. Ceci su dit à nous faire comprendre pourquoi on no trouve souvent dans les Talmuds aucune donnée sur telle ou telle ville très-importante; pourquoi on ne parle jamais dans les Talmuds des fortifications et des grandes constructions de Jérusalem; pourquoi des époques entières de l’histoire juive sont passées sous silence, et que d’autres sont mentionnées seulement par quelques mots. Si la discussion dogmatique ne force pas un docteur à soutenir ses arguments par le récit d’un fait historique ou par l’indication d’une localité, il n’y a aucune trace d’histoire ou do géographie dans les livres talmudiques. Habituellement on joint aux noms des docteurs celui du lieu de leur naissance; grâce à cette coutume, la désignation de bon nombre d’endroits nous a été conservée dans les Talmuds, mais l’identification en reste toujours douteuse, puisqu’on ne peut s’appuyer que sur la similitude de prononciation. L’Agadah offre beaucoup de données géographiques, mais ces données ne sont pas toujours authentiques; l’Agadah aime jouer sur les mots et sur les noms des localités, et ce serait une faute que de prendre toutes ces indications au sérieux *.
Une autre difficulté considérable se présente encore
• Ainsi, R. Joseph dit (Tal. de Bab., Erakhin, 32 4) qu’il y avait deux Jérusalem ; on explique /Tal. de Jér ScAetalim, vi, 2) les mots « oelo yeraphou » Ezéchiel, xlvii, 11) par le nom d’un endroit; le mot leat Isaïe, vin, 6) est d’après la Pesiktha (ruse.) un nom propre.