LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
peut donc pas l’identifier avec la ville que les gens de la tribu de Joseph avaient construite1.
’P, Aï est situé, d’après le Midrasch*, à trois milles de Jéricho. Cette distance ne peut se rapporter à l’endroit AI que la Bible3 place près de Beth-El, à moins qu’on n’admette plusieurs Beth-El, dont l’un se trouvait dans le voisinage de Jéricho. M. Schwarz * propose de lire dans le passage du Midrascli, au lieu de Jéricho, Beth-El, conjecture par trop commode. Josèphe5 aussi indique l’emplacement de Aï, qu’il appelle Aina, au-dessus de Jéricho, ce qui s’accorderait avec le texte du Midrasch. Peut-être y avait-il plusieurs endroits 6 portant le nom d’Aï; l’un d’eux aurait pu se trouver près de Jéricho. Les voyageurs modernes ne sont pas d’accord sur l’emplacement actuel de cette localité1.
Gophna 8, ville très-populeuse, selon les Talmuds : « Quatre-vingts jeunes cohanim, tous frères, se sont mariés avec un égal nombre de sœurs dans une seule nuit, sans préjudice desautres mariages qui eurent lieu 9. » Encore une exagération , sans doute, mais qui nous apprend néanmoins que Gophna était une ville
*Cf. Levisohn dans le Ercç Kedoumim , n, p. 62.
- Schmoth rabba, ch. 32.
3 Josué, xn‘ 9.
1 Das heilige Land, p. 57.
^Ant. V, 1, 12; e!; ’Atvav (”Avv«v) riXtv br.'zç rîjs 'hpr/oGvro{. Le Samaritain rend le mot iy (Genèse, xn, 8) par
6Jérémie, xux, 3, a un Aï en Pérée.
7 Cf. Winer, Bibl. realnœrterbuch, a. v. Aï.
s On l’appelle dans les Talmuds (Tal. des Bab., Bcrahkoth, 44 a) et (Tosiflha Üholath à la lin).
3 TaL de Jér., Taanith, il, 8. Le mot N*;rD qui embarrasse tant Reland (. Palastina , t. II, p. 817) est employé très-souvent daDS le Talmud de Jérusalem devant les noms des villes. Cf. M. Zunz Itiuarary, etc., t. II, p. 424.
I,A GEOGRAPHIE DU TALMl’D
importante. Elle donnait le nom à la toparchie Gophnitica. Cette ville est située, selon Eusèbe, à quinze milles de Jérusalem, vers Néapolis; elle joue un certain rôle dans les guerres contre les Romains Il est probable que Gophna est identique avec Ophni de la Bible, localité appartenant à la tribu de Benjamin, et avec le village actuel Djifnehî, à cinq heures de Jérusalem. La vallée est une des plus fertiles de la Palestine.
DWîN nbyü, Maaleh Adumim (montée des Rouges) est une hauteur à la frontière du pays des tribus de Juda et de Benjamin, près de Guilgal 3 *. Elle est mcntionnéo dans les Talmuds* à propos d’un témoin qui avait observé la nouvelle lune en cet endroit. Nous avons déjà dit 5 * 7 que saint Jérôme place cette localité sur le chemin de Jérusalem à Jéricho. Arvieux 8 raconte que, de son temps, Maaleh Adumim était appelé « le Champ-Rouge » . Les Ta 2lmuds 1 appliquent ce nom à l’endroit d’Ephes Damim, placé par la Bible 8 entre Sokho et Azeca.
rfrî? , Schilo , que la Bible connaît fort bien. Les Talmuds9 mentionnent cet endroit pour l’énumération des lieux où l’arche sainte fut déposée successivement. « Elle resta dans le désert trente-neuf ans, à Guilgal quatorze ans, à Schilo trois cent soixante-dix moins un an (369), à Nob et à Gibéon cinquant-sept, à Jérusalem,
1 M. de Raumer, Palastina, p. 199.
2M. de Saulcy, Voyage , etc,, t. II, p. 233.
3Josué, xv, 7.
1 Tal. de Jér., Rosch Hasckana, n, 1.
6 Cf. ci-dessus, p. 53.
®M. de Raumer, Palastina, p. 169.
7 Tal. de Jér., Sanhédrin, n, 8; Midraseh Ruth au commencement. nnpoiD ?pra idin pnr n cci ccto-
8 1 Samuel, xvn, 1.
9 Tosiftho, Korbanoth, ch. 13.