CHAPITRE IV
Il est juste que nous terminions l'étude des rapports de l’homme avec les êtres vivants qui l’entourent, par l'étude des conditions qui lui sont créées par les autres hommes. La vie en commun constitue en effet un milieu non moins important que les autres, le milieu social, qui, tout en dépendant du milieu faune et flore, mérite cependant les honneurs d’un chapitre spécial, et dont nous allons étudier l'influence en parlant de la civilisation et de son action.
Phases de la civilisation. — Les premiers groupes humains furent de peu d'individus; un trop grand nombre de bouches eût rendu la vie impossible et le partage des aliments rencontrés eût donné lieu à une part de dividende trop peu importante.
Aujourd’hui encore, les Fuégiens ou Pecherais de la terre de Feu errent le long des rivages, par groupes fort peu nombreux ; or c’est par l’état du Fuégien actuel qu’a débuté l'humanité, partie sans doute de plus bas encore, et cet état est encore celui, non seulement des Fuégiens, mais des Australiens, des Tasmaniens, des Boschimans, des Dokos (d’Abyssinie), des Andaman, des Weddahs (de Ceylan) des Orangs-Benna (Sumatra) ; à peine plus haut viennent les tribus sauvages des Windhyas, les Nogas de la vallée de Brahma-Poutra , la plupart des Papous et un grand nombre de groupes brésilo-guaraniens. Tous ces peuples sont