‹ La geógraphie médicaleChapitre 131 sur 233 · Î. VILLES ET CAMPAGNES · texte numérisé non relu

Î. VILLES ET CAMPAGNES

À certains égards, le séjour dans les villes est producteur de maladies; l’anémie urbaine, ce qu’on a appelé la cacheæie urbaine, les domine toutes ; les maladies nerveuses y prennent une extension et une importance inconnues dans les campagnes. La constitution totale est amoindrie dans les villes. Ainsi, le D' Francis Galton a relevé, en Angleterre, la taille et le poids des enfants de 44 ans qui fréquentaient les écoles publiques : 509 étaient élevés à Londres, 296 à la campagne. Or la taille des enfants élevés à la campagne dépassait celle des enfants des villes de 3 centimètres et le poids des campagnards dépassait celui des citadins de 3 kilogrammes.

La civilisation et les rapports de plus en plus fréquents entre les hommes augmentent le nombre des maladies contagieuses. J'ai dit déjà plus haut que le climat artificiel, créé, par exemple, : dans les pays froids, par la civilisation, y entretient des maladies que leur nature semble éloigner d'un climat aussi froid. L’atmosphère artificielle et condensée des villes joue le même rôle, comparée à celle des campagnes, pour certaines maladies contagieuses, choléra, fièvre jaune, qui sont surtout des maladies de villes.

Cette règle n’est cependant pas vraie pour toutes les maladies ; ainsi, dans les pays à malaria, la circonférence des villes est plus prise que la ville, et le centre de la ville est indemne, parce que les maisons forment un rempart. Néanmoins, tout compte fait, on meurt plus dans les villes que dans les campagnes. Ainsi, en France, de 1861 à 1865, la mortalité des campagnes est de 21,5/1 000 habitants et dans les villes de 26,1. En Suède, la différence est encore plus marquée“ la mortalité des campagnes est de 19,65/1 000; celle de la ville, de 26,5/1 000.

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