‹ La geógraphie médicaleChapitre 135 sur 233 · D. RICHESSE ET PAUVRETÉ · texte numérisé non relu

D. RICHESSE ET PAUVRETÉ

Certaines conditions spéciales changent d’ailleurs la valeur du milieu social, Les pauvres ne sont pas soumis aux mêmes maladies que les riches et les mêmes maladies prennent souvent chez eux un caractère différent. Cette différence est d'autant plus accentuée, que le climat est moins tempéré: il n’y a que dans les pays chauds que la paresse et la pauvreté contemplatives aient pu, comme dans linde, être élevées à la hauteur d’un dogme. En Angleterre, les enfants des misérables meurent dans la proportion de 90 0/0, les enfants des riches dans la proportion de 10 0/0. Villermé a montré que de son temps (1830), à Paris, la mortalité des quartiers riches (Bourse était de 13-16/1000 habitants, tandis que dans les quartiers pauvres, surtout alors, des Buttes-Chaumont, elle était de 25-31/1 000. A Mulhouse, il a trouvé que de 1823-1824 la moitié des décès chez les patrons survenait avant 28 ans, tandis que chez les ouvriers et dans leurs familles la moitié des décès survenait avant 10 ans. 11s sont donc purement philosophiques, mais nullement pratiques, ces vers du poète :

Pallida mors æquo pulsat pede, pauperum tabernas Regumque turres.

Il faut cependant distinguer: si la pauvreté semble malsaine, l’extrème richesse, lorsqu'elle engendre l’oisiveté, ne semble pas plus saine. Ainsi, en Angleterre, où se voient ces deux extrèmes, la mortalité frappe en haut et en bas; l'aurea mediocritas, qui travaille, est plus saine et, chez les détenteurs des grosses fortunes héréditaires de l’Angleterre, la mortalité, de 15 à 60 ans, est plus considérable que chez leurs fermiers.

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