À. MOUVEMENT DE LA POPULATION
La civilisation, pour l'homme, comme la domestication, pour les animaux, augmentant la protection et la prolifération, il en résulte que l'accroissement des populations est en raison directe du mouvement ascendant de la civilisation ; la durée moyenne de la vie est en outre accrue, ce qui est dû, moins encore au grand nombre des vieillards, qu’au plus g rad nombre d’enfants qu’on élève. Ainsi, sans remonter bien loin, en 1730, à Londres, les 2/3 des enfants mouraient dans les deux premières années ; aujourd’hui il n’en meurt plus que le 1/5. Aussi, la densité de la population en Belgique, par exemple, est de 151 habitants par kilomètre carré, tandis que celle de la Russie est de 3 habitants par kilomètre carré.
La civilisation n’a sans doute que de bons côtés, mais elle a cependant des conséquences moins avantageuses que celles-là : dans la vie sauvage, tout être qui n’est pas armé suffisamment, soit par ses muscles, soit par son intelligence, pour la lutte pour la vie, succombe. La vie civilisée, au contraire, secourt et élève ceux qui, par eux-mêmes, seraient trop débiles ou trop impuissants pour lutter. Elle leur permet de faire souche semblable à eux-mêmes; elle conserve un plus grand nômbre d'individus, mais il est certain que la moyenne de puissance de la population se trouve ainsi diminuée, la sélection n'étant plus là et l’hérédité continuant son action. Les anciens avaient trouvé un moyen simple: ils tuaient les enfants débiles; Aristote et Sénèque se sont fait les défenseurs de cette terrible doctrine; cela se passe encore ainsi chez les Béchuanas et cela, pour le prétexte le plus