DÉFORMATIONS CRANIENNES
De toutes les déformations, les plus importantes sont celles qui portent sur le crâne, parce qu’elles réagissent sur le cerveau, l'organe social par excellence.
Déformation couchée des Aymaras, Déformation toulousaine.— Cet usage des déformations crâniennesestbienancien, car Hippocrate dit, parlant d’une nation du Caucase, les Macrocéphales: « Aucune nation n’a la tête conformée comme eux; cette cou- « tume provient de l’idée de noblesse qu'ils attachent auxlongues « têtes. Voici la description de leur pratique: dès que l'enfant
&1i4 LES HOMMES, LE MILIEU SOCIAL.
«vient de naître et pendant que, dans ce corps si tendre, la tête « conserve encore sa mollesse, on la faconne avec les mains, et on « la force à s’allonger à l’aide de bandages et de machines conve- «nables qui en altèrent la forme sphérique. » Or, du côté de l'Occident, cette déformation des Macrocéphales a été retrouvée de nos jours en Crimée, en Hongrie, en Silésie, en Belgique et jusqu’en France, dans les Deux-Sèvres et à Toulouse ; à l’est du Caucase, elle se retrouve, en Asie, à Malacca, en Malaisie, en Polynésie, enfin dans une partie de l'Amérique du Sud et notamment au bord du lac Titicaca. — Il est donc permis de voir une liaison entre la déformation des Aymaras, au bord du lac Titicaca, et la déformation semblable qui se pratique dans certaines parties de la France. Nous savons d’ailleurs que ce sont les invasions des Cimmériens qui l'ont apportée de l’est, et qu’une de leurs puissantes tribus, les Volskes Tectosages, l'ont apportée dans les Deux-Sèvres et à Toulouse. Sans doute cela ne prouve pas une migration directe, mais, du moins, une imitation, une mode, dont la contagion s’est faite de proche en proche par la Polynésie, l'Asie, le Caucase. Cette déformation couchée était jusqu’à ces dernières années si constante, qu’elle à permis à Broca de reconnaitre l'origine toulousaine de gens qui en étaient atteints.
Comme elle se pratique encore, nous pouvons savoir quelles sont ses conséquences ; or Lunier s’est assuré que, dans les Deux- Sèvres, elle déterminait souvent l’épilepsie ; les médecins de Toulouse ont remarqué de leur côté qu’on la rencontrait souvent chez les aliénés, qui entrent dans les asiles. Enfin Broca s’est assuré aue la déformation dite foulousaine diminue le poids et le volume du cerveau : une Toulousaine examinée par lui cubait 1 043 centimètres cubes, et le poids de son encéphale était de 1 079 grammes.
Déformation eunéiforme relevée des Nahuas. — || est une autre déformation crânienne, c’est celle des Nahuas, caractérisée par l’aplatissement de la tête d’arrière en avant. Partie. de la Floride, elle se retrouve au Mexique, elle remonte le Mississipi, et descend le long de l’isthme de Panama ; on la retrouve à Ancon; celle-là avait une autre influence, sur le cerveau. Onaditque la déformation des Aymaras aplatissant la région antérieure, faisait des guerriers, que celle des Nahuas aplatissant la région postérieure, faisait des penseurs; cette opinion n’est pas exacte; nous connaissons du reste moins que pour la déformation toulousaine, les conséquences pour le cerveau de la déforma-