‹ La geógraphie médicaleChapitre 139 sur 233 · S 93. DÉFORMATION DU PIED CHEZ LES CHINOISES · texte numérisé non relu

S 93. DÉFORMATION DU PIED CHEZ LES CHINOISES

Les accidents les plus graves succèdent encore à une autre déformation, celle du pied des Chinoises. Pour retenir les femmes dans leur maison, les Chinois ont recours, non plus à l’engraissement du corps, mais à l’atrophie du pied. Cette monstrueuse déformation, vieille de 8-10 siècles, a été abolie par les Tartares, qui règnent aujourd’hui à Pe-King, mais, si elle suffit aujourd’hui pour exclure une femme du palais, elle règne encore dans la classe moyenne, où elle cause de fréquentes maladies. Voici en quoi elle consiste : en emprisonnant de bonne heure le pied dans une sorte d’étau, on arrive à luxer le calcanéum, qui, au lieu de s’articuler avec l’astragale par sa face supérieure, s’articule avec cet os par sa face antérieure, pivotant ainsi sur luimême d'avant en arrière et de haut en bas, de telle sorte que la face supérieure devienne postérieure, la postérieure inférieure et que l’inférieure, se relevant, devienne antérieure. Tous les vaisseaux du pied se trouvant ainsi comprimés, la nutrition de cet organe nese fait plus; son atrophie et sa dégénérescence graisseuse le réduisent singulièrement de volume; mais cela a des conséquences plus graves : les os de la jambe, de la cuisse, du bassin s’atrophient; l’accouchement est souvent difficile et dangereux ; en outre il se produit, par l’atrophie des nerfs, le même prénomène que chez les amputés : la moelle elle-même s’atrophie ; ilen résulte des dégénérescences graves de la moelle. On dit que la vulve prend, par compensation, un développement inverse, très recherché des Chinois ; mais le fait ne me paraît pas démontré.

Page 1