‹ La geógraphie médicaleChapitre 159 sur 233 · ROUGEOLE · texte numérisé non relu

ROUGEOLE

Rougeole du singe. — La rougeole a été observée sur le singe. Je ne possède pas de renseignements relatifs aux autres animaux.

La peste atteint-elle toutes les races? Des témoignages nombreux nous montrent qu’elle atteint certains animaux : Boccace nous donne un détail intéressant pour la pathologie comparée : « J'ai vu, dit-il, de mes veux, deux pores, qui, dans la rue, se- « couèrent du grouin les haiïllons d’un mort; une petite heure «après, ils tournèrent et tombèrent; ils étaient morts eux- « mêmes. »

Ce fait a été signalé dans beaucoup d'épidémies. Toutes les épidémies de peste observées dans l'Esypte et dans l'Inde, ont présenté ce caractère remarquable, que l’invasion de f’épidémie est précédée d’une grande mortalité parmi les animaux domestiques et même parmi les rats et les souris.

Le même fait a été observé en Chine, sur les moutons et les chèvres.

$ 4. FIÈVRE TYPHOIDE.

Elle a été observée chez un assez grand nombre d'animaux, chez le cheval, chez le singe (Serres), enfin chez le porc.

Cette maladie du pore, récemment découverte et connue depuis longtemps sous le nom de mul rouge de porc, a été observée récemment en Angleterre par Klein, et à Mantes par Mégnin.

. En 1882, cette maladie n’a pas tué moins de 20000 porcs dans la seule vailée du Rhône. Elle est souvént épizootique en Amérique où Klein l'étudia en 1877 et 1878, en Angleterre et en Allemagne. Elle est répandue en Italie, où elle à été étudiée par Perroncito comme un typhus. Comme chez l’homme, on trouve, chez les porcs qui succombent, l’hypertrophie, puis l’ulcération des glandes de Peyer et, dansle sang ainsi que dans la rate, des bactéries en chapelet ; cultivé dans des bouillons artificiels, ce parasite a pu, à la huitième génération, xeproduire la fièvre typhoïde chez le pore, et cette maladie est si bien l’analogue de la fièvre typhoïde de l’homme, que, dans plusieurs épidémies, on a vu le

mal rouge du porc coïncider avec une épidèmie de fièvre typhoide sur les hommes de la mème ferme.

Dans un grand nombre de cas observés surtout en Angleterre, la fièvre typhoïde des animaux a été communiquée à l’homme par leur lait.

L’échange de la fièvre typhoïde entre l’homme et les animauxest, du reste, plus fréquent qu’on le pense.

En 1867, la fièvre typhoïde régnait sur les bords du lac Léman et du lac de Neufchâtel, on vit mourir des centaines de mille de perches; leurs tissus et surtout l’intestin étaient remplis de bactéries.

La maladie, ainsi que s’en assurèrent les D's Forel et du Plessis, était inoculable aux perches, mais aux perches seules.

Enfin, il y a quelque temps, à Bulach, près de Zurich, après un banquet où s'étaient réunis 700 orphéonistes, 500 eurent la fièvre typhoïde ; on finit par découvrir quele restaurateur avait acheté des veaux atteints de fièvre typhoïde. Un chien, qui avait mangé les déchets, mourut de la fièvre typhoïde, et les animaux d’une ménagerie, qui avaient eu leur part de ce festin, furent euxmêmes malades.

Le professeur Huguenin raconte, à ce propos, qu'il avait souvent vu, dans les fermes, la fièvre typhoïde des maitres passer aux veaux et donner lieu chez eux à l’éruplion caractéristique des plaques de Peyer.

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