CLAVELÉE
Horse-pox, gourme. — Elle sévit chez le cheval, chez lequel elle donne lieu à une éruption surtout abondante sur la muqueuse buccale et au paturon, qui suppure; de là le nom d'eaux aux Jambes, que prend la maladie ; elle se nomme aussi horse-pox ou grease. Dans plusieurs cas, des garçons de ferme, ayant en même temps à soigner des chevaux et des vaches, ont transmis le cowpox aux chevaux ou, inversement, le horse-pox aux vaches. On arrive expérimentalement, par l’inoculation, au même résultat ; c’est ainsi que le liquide des jambes du cheval a été inoculé avec succès à un autre cheval ; de celui-ci à une vache, à un taureau, à un Zébu, à une jument de Java, à un cheval siamois et enfin à un dernier cheval,
Les recherches de Trasbot ont montré que la gourme des jeunes chevauxn’est que de la variole. L’éruption du horse-poxestl'éruption essentielle de la gourme ; ellea lieu sur la pituitaire, dans la bouche et sur la surface du corps; le jetage, legonflement ganglionnaire, la lymphangite de la face, tous symptômes qu’on regarde comme fondamentaux de la gourme, ne sont que des localisations amplifiées de l’éruption variolique. De même la localisation exagérée aux jambes et aux jointures donne de larthrite et ce qu’on, nomme les eaux aux jambes; mais l’éruption caractéristique se retrouve toujours disséminée sous le poil. L'inoculation vaccinale empêche d'ailleurs la gourme de se produire chez les chevaux. Bouiey, de son côté, depuis que son attention a été attirée sur ce point par Trasbot, a toujours constaté le horse-pox chez les che- VAUX JOUrMmeEUTx.
Il y a bien des années qu'un marchand de chevaux de Paris m’a raconté que, depuis longtemps, il préférait que ses jeunes chevaux fissent leur gourme à son gré et qu’il n’aimait pas que la maladie apparût spontanément. 1 a l'habitude, lorsqu'un jeune cheval a la gourme, de le mettre dans une écurie à part; quand ce cheval est guéri, il met dans cette écurie d’autres jeunes chevaux, qui contractent ainsi la gourme, au moment qu’il a choisi.
Clavelée,— Chez le mouton la variole constitue, sous le nom de clavelée,uneépizootie des plus graves, caractérisée par uneéruption, qui, comme chez l’homme, peut être hémorrhagique, confluente, gangréneuse.Un grand nombre d’observateurs: Béale, 1863 ; Hallier et Zürn, 1867; Chauveau, 1868 ; enfin Coze etFeltz, Klebs, Crismanon, Cohne, Kber, ont constaté des corpuscules de micrococcus dans la sérosité des pustules de clavelée.— Sur les bords de la
Méditerranée, en France, la clavelée fait de très grands ravages ; apportée par les moutons algériens, sur lesquels elle est inoffensive, elle détruit parfois 60 et 70 pour 100 de nos moutons.— Chauveau a recueilli le microbe de la clavelée et a fait des cultures artificielles ; il l’a obtenu alors sous deux états : celui de bactéries et celui de spores. Les bactéries, d’abord petites, agiles, .grossissent et donnent une spore à chacune de leurs deux extrémités. Avec ces bactéries de culture, Chauveau a vacciné des moutons.
Variole du pore. — Le porc, la chèvre prennent souvent la variole au contact des moutons qui ont la clavelée.
Variole du chien. Maladie des chiens. — Le chien, fidèle compagnon de l’homme, partage avec lui même la variole : en 1792, un paysan du canton d'Essex, pour donner à ses enfants une variole préventive, avait imaginé de leur faire manger des croûtes varioliques, sur une tartine de beurre Un chien familier s’invita à ce repas, qui n’avait pas été préparé pour lui; il eut, au quatrième jour, une éruption de variole et, au neuvième jour, des pustules noires. On cite, enfin, l’histoire touchante d’un chien, qui léchait les mains de son maitre atteint de variole et qui succomba quelques jours plus tard, atteint lui-même.
La variole est d’ailleurs plus fréquente qu’on le pense chez le chien. Trasbot a, en effet, démontré que ce qu’on nomme la maladie des chiens, maladie inoculable, ne se développait pas chez ceux à qui on à inoculé le cow-pox et que le cow-pox ne prenait pas sur ceux qui ont eu la maladie des chiens,
Variole des oiseaux. — Il n’est pas jusqu'aux oiseaux qui ne prennent la variole : Valentin raconte que, pendant une épidémie de variole humaine, il vit un grand nombre d'oiseaux mourir de cette maladie. Rayer l’a observée sur les pigeons. Holwell cite enfin un perroquet, dont la maitresse avait la petite vérole; le pauvre oiseau mourut et à son autopsie, on trouva la gorge, : l'estomac, l'intestin boursouflés et couverts de pustules, ainsi : que la surface du corps. Charlieu cite enfin des poules, qu'il a: vues mourir de variole, après avoir becqueté, dans l'écurie, les: jambes d’un cheval atteint de horse-pox, J'ai parlé plus haut des : expériences de Jolyet sur les pigeons.
FIÈVRE TYPHOIDE. 447