III. Branche méridionale
Ce qui est vrai de la race jaune, lorsqu'elle est pure, ne l’est plus lorsqu'elle est mélangée avec les races noires de l’Asie, comme le sont les Annamites.
Choléra. — Nous avons vu que le choléra était endémique en Cochinchine, mais il sévit surtout chez les Annamites, qui semblent avoir comme les nègres une grande facilité à prendre la maladie. Chez l’Annamite les symptômes du choléra ont même un caractère particulier : la période dite algide est, d’après le D' Morice, plus courte et moins grave; la période réaction est au contraire plus longue et plus grave que chez l'Européen.
EImpaludisme, — Les Annamites ont en outre une immunité relative pour la fièvre intermittente et, en cela encore, ils tiennent de l'élément noir.
Plaies. — Chez les Annamites les plaies se cicatrisent rapidement de l'avis de tous les médecins, les D's Rochard, Morice, notamment. Les plaies présentent, chez eux, une tendance remarquable à la cicatrisation et à la prompte réparation; cette rapidité rappelle encore ce qui se passe chez le nègre. On doit cependant signaler une forme de phagédénisme qui donne lieu à ce qu’on nomme la plaie annamite.
Cancer.— Un autre rapport entre l’'Annamite et le nègre c’est la rareté du cancer épithélial ou cancroïde, tant il est vrai que l’analyse pathologique vaut ici l’analyse anatomique.
Dengue.— La dengue est également plus grave chez lui que chez les Européens.
Dysenterie, — Les Annamites né possèdent, en revanche, aucune immunité pour la dysenterie.
Stomatite. — La stomatite est fréquente, mais elle est due à l'emploi du bétel ou plutôt de la chaux qui l'accompagne.
Ulcère de Bassae. — Le D' Mondière décrit comme spécial à l’Annamite ce qu’il nomme l’ulcère de Bassac; cela diffère pour lui complètement autant de l’ulcère de Cochinchine, qui n’est que du phagédénisme entretenu par l’humidité, la malpropreté, le défaut de soin , que de la syphilis. Cela prend surtout le sexe féminin, de 13 à #3 ans. La maladie occupe l’extension des membres, le dos du pied, le dos de la main, le genou, la face antérieure des cuisses ; l’éruption est symétrique et constituée par de
grosses bulles pemphigoïdes de 8 à 10 millimètres. Elle avait été décrite par Cazenave, comme une forme de lèpre, sous le nom de Tsarath aphymatode.