RACE DE FURFO0Z. CARACTÈRES ANATOMO-PATHOLOGIQUES
Race de Cro-Magnon.
La seconde race allophyle serait celle de Cro-Magnon, race encore dolichocéphale, dont l'indice moyen est de 73,41, à région frontale plus développée que la précédente, à tibia platycnémique, ou en lame de sabre. Il semble que ce soit le même type qui se continue chez les Basques actuels, chez les Guanches, les Berbères actuels et peut-être chez les anciens Atlantes.
On a signalé la fréquence de Ja carie dentaire dans ces races préhistoriques, comme cela se voit encore chez les Basques actuels.
Race de Furfooz.
À la fin de l’époque quaternaire, apparait une race brachycéphale, la race de Furfooz de Hamy et Quatrefages. Le crâne, lorsqu'il était sans mélange, eomme à Grenelle ou à la Truchère, mesurait 83 d'indice céphalique ; la taille était petite : 1",83 environ; cette race vivait à l’époque glaciaire, avec le renne. Hamy et Quatrefages ont nommé son type laponoide, parce qu’ils pensent que les Lapons sont les descendants de cette race préhistorique, dont les ancêtres ont suivi le renne.
De cette pathologie préhistorique nous ne connaissons que la chirurgie, qui nous éclaire sur certains usages sociaux. Ainsi les fouilles du D' Prunières ont montré des pointes de flèche bien barbelées, comme celles de la pierre polie, fichées encore dans les os du bassin et dans le fémur de la race vaincue; les traces d’une longue suppuration indiquent les soins que recevaient déjà les malades ; même une fracture du radius indique qu’une main secourable avait appliqué un appareil. J'ai dit, dans une autre partie de ce livre, que des traces de syphilis héréditaire (Parrot) avaient été vues dans la collection Prunières.
Lapons.
Descendant de ces populations préhistoriques le Layon est aujourd'hui le seul peuple nomade en Europe. C’est le plus brachycéphale actuel (85,6, Bertillon); son cräne, presque rond, a recu de Virchow le nom de trochocéphale. Sa face est courte et large; Linné a dit de lui : « Corpore parvo, capillis nigris, brevibus, rectis. » Les Lapons du Jardin d’acclimatation, qui venaient de Norwège, étaient blonds, par croisement avec les Finnois, mais le Lapon est brun ; il existe même un proverbe norwégien qui dit : « Noir comme un Lapon. » Leur prognathisme est extrêmement faible ; c'est le plus faible avec celui des Basques et celui des Espagnols modernes. La capacité crânienne est grande (1492), plus grande que celle du Parisien (1461). Bertillon a été frappé des dimensions considérables du trou occipital, qui, comparé à celui des Parisiens, est à ce dernier comme 118 est à 100. Ce regretté collècue en concluait, que si le cerveau du Lapon est gros, c’est parce que la moelle est grosse ; en d’autres termes, ce qui dominerait, ce ne serait pas la cellule grise, pensante, ce serait la moelle.
Le Lapon aurait donc un système organique sensitif considérable ; cela serait en rapport avec la fréquence du délire impulsif, brutal, bestial, qui éclate brusquement chez lui, comme en ictus, en même temps qu'avec sa grande rusticité, sa forte résistance et sa longévité.
Son extrême brachycéphalie a fait penser à Virchow que le crâne lapon portait les traces d’une évolution pathologique de nature rachitique, due à une mauvaise alimentation et à une mauvaise hygiène. Mais c'est là une erreur : sa nourriture est grossière, ses dents sont usées par elle ainsi que par la préparation des peaux, comme chez les races préhistoriques, mais la chair, le lait, le sang de renne lui fournissent, avec le poisson, une nourriture largement réparatrice. Au reste, les Esquimaux, qui se trouvent dans les mêmes conditions et qui sont venus mourir à Paris de la variole, avaient tous le foie énorme et chargé de graisse.
La conjonctivite chronique est de règle chez le Lapon. C’est une rare exception, que de trouver un Lapon qui n’ait pas mal aux yeux, ce qui tient aux mauvaises conditions hygiéniques,