‹ La geógraphie médicaleChapitre 185 sur 233 · ARYENS. CELTES · texte numérisé non relu

ARYENS. CELTES

La lèpre est fréquente.

Actuellement les Lapons sont relégués au nord de la Norwège, de la Suède et de la Russie; ils sont limités par l'Océan, la mer Blanche, le Cercle polaire; leur nombre ne dépasse pas 26 000.

Finnois.

Ici doivent prendre place les populations finnoises, qu'on range parmi les allophyles, c'est-à-dire, qu’on croit s'être étendues jadis dans une grande partie de l'Europe; même après avoir été refoulés, les Finnois occupaient encore au début de notre ère le pourtour méridional et oriental de la Baltique, la Poméranie, l’'Esthonie, la Courlande ; d’après de Quatrefages, une partie de la nation prussienne actuelle serait issue de ces allophyles. Aujourd’hui, ils sont relégués dans la Finlande proprement dite et dans le Finmark norwégien, où ils se croisent avec les Lapons.

Ils sont blonds et rouges, aux yeux gris ou verts, brachycéphales, petits. Fennones corpore toroso, capüllis flavis, proliæis, oculorum iridibus fuscis (Linné). Aux races finnoises se rattachent les Hongrois qui descendent en Dacie au 1x° siècle sous la conduite d’Arpad. En résumé, les races allophyles s’écartent, cèdent sous l'entrée, faite comme en coin, des races venues d'Asie, des Aryens. Nous ne savons rien de spécial de leur pathologie.

Aryens.

Ils se composent des Iraniens, des Celtes, des Ligures et des Kymris ; pour employer une expression très juste de de Quatrefages, « c’est du mélange de ces éléments brassés par la guerre, « fusionnés par les habitudes de la paix, que sont sorties les « populations européennes actuelles. » Je ne parlerai que des Celtes et des Kymris, n'ayant rien à dire des autres.

Celtes.

Leur point de départ semble être dans le Pamire, où Ujfalvy les a récemment retrouvés, chez les Galtchas, les Tadjicks de Asie centrale. L'élément celte comprend d’ailleurs des populations très diverses : Il comprend les Slaves (Polonais, Tchèques, Slovaques, Croates, Bulgares et Serbes), les Savoyards, les Auvergnats, les Bretons, les Irlandais, tous formant une immense chaine, qui va de

Pancienne Armorique par l'Auvergne, la Savoie, l'Alsace, la Bavière, la Croatie, la Roumanie, jusque dans l’Asie centrale. Tous ces peuples sont brachycéphales et leur brachycéphalie est d’autant plus prononcée, qu’on se rapproche plus de l'est, autrement dit, de leur point de départ; voici leurs indices céphaliques :

Breton eee 82 Auvergnats...... 84 Savoyards......…. 85 Serbes, Croates.. 84,4 Galichass rc 85

La poitrine du Celte est bombée, lies épaules larges, la taille petite, les cheveux bruns, le corps très velu; la menstruation s'établit de bonne heure, à 15 ans, en moyenne; le sein est arrondi, globuleux, volumineux.

On rencontre chez lui peu d’infirmités, sa constitution est robuste, énergique, vigoureuse; je n’ai pas de maladie spéciale à mentionner, sauf la plique des Slaves ou plutôt des Polonais (Plica polonica), qu'Hufeland regardait comme une maladie de la race sarmale.

Plique polonaise. — Mon ami le D' P.Landowski a bien voulu me remettre sur cette maiadie des notes détaillées, prises en Pologne même. Tout le monde connaît de nom la plique polonaise; on connaît sa description légendaire et fabuleuse : les cheveux sont agglutinés, réunis par un liquide; quand on les coupe, il sort du sang !

La maladie s’observe depuis la Vistule jusqu'aux Carpathes, dans le grand-duché de Posen, en Lithuanie, en Gallicie, en Volhynie, dans l'Ukraine et aussi en Bohème, dans la Souabe et en Saxe; en 1808, elle était si fréquente, que Lafontaine dit qu'elle atteint 2 ou 3/10 paysans, 2/30 ou 40 nobles. D'après le D' Szokalski, le nombre des plica variait en Pologne, de 110 000 à 450 000 ; la vérité est qu'on voyait, il y a quelques années et qu’on voit encore des chevelures, qui semblent réunies en une seule masse dans laquelle le peigne ne pourrait passer, véritables forêts vierges, repoussantes d’odeur comme d'aspect.

On a beaucoup écrit sur la plique polonaise : au moyen âge on l'a prise pour une façon de syphilis; cette idée a même été reprise par Larrey. Elle a encore été regardée, à la même époque, comme

Page 1