‹ La geógraphie médicaleChapitre 186 sur 233 · ARYENS. KYMRIS · texte numérisé non relu

ARYENS. KYMRIS

un effet de sorcellerie, comme un méfait des juifs, mais les juifs avaient aussi la plica ! En 1844, Walter y trouve des champignons qu’il nomme epiphytes. En 1848, Guensburg découvrit un mycoderme du genre tricophyton; il serait étonnant qu'on n’y eût pas découvert de champignons et de poux.

La véritable nature de la plique, c'était dans les pratiques du peuple même qu'il fallait la chercher ; c'est là que la trouvèrent Lebrun, Sokalski et Dobriski. Or le peuple etle médecin croyaient et croient encore à une diathèse pliqueuse : on provoquait la plica comme exutoire; il fallait que le mal sortit par les cheveux ; il sortait souvent par la peau, chez les syphilitiques ; 1l sortait par la peau, par les ongles, chez les eczémateux, parfois même par la tête, grâce à la malpropreté, à la longueur des cheveux ; c'était l’eczéma capitis; il n’en fallait pas plus! On aidait donc la nature avec du goudron et de la cire bénite à l'église. On arrivait ainsi à reproduire en nature la définition de la plique : agglutinatio, complicatio, contorplicatio pilorum ineæplicabilis, indissolubilis. Il est tellement vrai que la maladie était artificielle, que quand elle cessa d’être une exemption du service militaire , elle devint moins fréquente; c'était donc une facon de déformation ethnique, nne mutilation, une maladie artificielle, quelque chose comme la section de la queue des chats, qu’on pratique pour les empêcher d’avoir Le ver, comme le respect et l’entretien de limpetigo du cuir chevelu des enfants (gourme) destinés à leur donner la vue claire.

En Autriche, on fit un jour le recensement des pliqueux. Le bruit courut alors qu’on allait leur faire payer un impôt : ils diminuèrent immédiatement! Néanmoins, en 1872, sur 1 000 conscrits on en trouva encore 158. Hirsch avait donc raison de dire en 1872 : C’est une pseudo-maladie, un mal de lèse-société. C’est en somme une maladie artificielle, qui a son point de départ dans l'ignorance et peut-être aussi dans le patriotisme. Je m’explique : on dit, en effet, qu’elle débuta en 1281, à l’époque de l'invasion des Tartares ; or les Tartares ayant la tête rasée, il n’est pas impossible que, par protestation, la mode soit venue de laisser croître ses cheveux ; la malpropreté aidant, un eczéma se déclara ; les théories humorales se chargèrent alors de faire regarder la chose comme heureuse.

Kymris.

Le type blond d'Europe correspond aux Galates, Cimmériens, Belges, Germains, Suèves, Alamans, Wisigoths, Burgondes,

Francs, Saxons, Flamands, Normands; il a son maximum en Islande, en Scandinavie, en Danemark, puis en Hollande, dans l'Allemagne du Nord, en Saxe, en Belgique, aux Iles-Britanniques, enfin dans le nord de la France.

Le Kymri est grand, blond, dolichocéphale ; ses membres sont longs, il présente une certaine prépondérancedes organes digestifs sur les organes respiratoires ; ainsi les cuirasses faites pour cette race ont besoin d’être moins bombées que pour les Celtes ; Le tube digestif est plus long, la tunique musculaire plus épaisse que. chez les Celtes; la puberté est tardive chez les filles, comme chez lés hommes; longissima apud eos pucritia est (Tacite); sur 3840 jeunes filles à Copenhague, la puberté s'est montrée. en moyenne, à 16 ans 10 mois 5 jours; sur 137 jeunes filles de Güttingen, à 16 ans 1 mois 4 jours; le sein est ici conique, pyriforme.

La carie des dents est très fréquente; le cancer est moins fréquent que chez les Celles; les maladies de peau sont plus communes.

Beddoë avait déjà remarqué qu’en Angleterre les personnes blondes supportaient, sans sourciller, les plus grandes souffrances. Longtemps avant lui, Végèce (1v° siècle) conseillait de prendre, comme soldats de choix, les hommes blonds du Nord. Or, il y a quelque trente ans, la thèse inaugurale de mon ami le D' Topinard fit un certain bruit à Paris, lorsqu'il annonça que la mortalité chirurgicale, dans les hôpitaux anglais, était moitié de ce qu'elle est dans les hôpitaux français! Velpeau comprit toute la portée de ce fait et, trouvant le mot juste, formula : « C’est que la chair « anglaise diffère de la chair française». Remplaçons, si vous voulez, le mot chair par le mot milieu intérieur et Velpeau aura formulé la notion que je cherche à démontrer dans ce livre.

C’est à une sorte de prédisposition spéciale de la chair anglosaxonne que tient la fréquence du diabète et cela même en Amérique. C’est à la nature de la chair anglo-saxonneque tiennent la fréquence des affections de l'aorte et du cœur, la fréquence en Angleterre de la goutte, beaucoup moins commune en Irlande et en Pologne et à peine connue dans la race jaune.

Suette anglo-saxonne. — J'ai, dans une autre partie de ce

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