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100 000 dans la Manche, le Calvados, la Seine-Inférieure, l'Orne, l'Eure, et de 453 à 570 pour 100000 dans les départements celtes.
Dans une remarquable étude sur la géographie médicale de la France, Chervin a réuni un grand nombre de tableaux auxquels j'emprunte les détails qui vont suivre :
Faiblesse de constitution, — C’est surtout la Sologne qui fournit la plus grande partie des faibles de constitution. Or, la Sologne a été pendant longtemps et est encore aujourd’hui, quels que soient les progrès réalisés, un pays sablonneux, insalubre, pauvre, où la population se nourrit mal; dès lors il n’y a rien d'étonnant à ce qu’il produise une population débile.
Le Rhône, l'Ain et l'Isère forment un heureux groupe où les exemptés pour faiblesse de constitution sont rares, tandis qu'aux environs, surtout à l'ouest, le département de la Loire en compte au contraire une grande quantité.
Convulsions. — Les convulsions sont fréquentes dans deux groupes différents : d’une part dans la Normandie, d’autre part dans certains départements alpins, tels que la Savoie, les Hautes- Alpes, les Alpes-Maritimes et surtout les Basses-Alpes, auxquels on peut joindre le département de Vaucluse.
Dans la Normandie, le Cotentin et l’Avranchin à l’ouest, le pays de Caux, le Vexin, le Lieuvain, le pays d’Auche, les Marches à l’est sont les plus frappés, tandis qu'entre ces deux groupes se placent le Bessin, le Bocage et le pays d’Auge, qui ont au contraire une moyenne extrêmement basse,
Strabisme.— Le strabisme est plus fréquent dans le nord, par exemple dans la Normandie, l’Artois, la Picardie, la Champagne, les Flandres.
Bègues.— Quant au bégayement, dans lequel il est si compétent, Chervin le regarde comme moins fréquent au nord qu’au midi; le nord-est est en particulier plus épargné que le sud-est.
Le midi compte bien plus de bègues que le nord, parce que dans les pays froids, les habitants sont plus réfléchis, plus modérés, tandis que dans les pays chauds, ils sont irascibles, emportés et indolents tout à la fois.
Toujours d’après Chervin, les bègues sont nombreux sur la route des vents polaires : la Manche et le golfe de Gascogne ; plus nombreux encore sur la route du mistral : vallée du Rhône, côte du Languedoc et de la Provence.
De toutes les causes qui influent sur la production du bégaye-
ment et qui par conséquent permettent d'expliquer la distribution géographique de cette infirmité, les plus fréquentes sont les causes morales, les chutes, les frayeurs et les émotions vives, toutes choses qui dépendent en grande partie du milieu dans lequel on vit. Aussi voyons-nous par exemple les départements où les écoles sont le plus fréquentées, présenter moins de bègues que dans ceux où elles le sont peu.
Surdi-mutité, — La surdi-mutité a son maximum (2,10 à 3,66 pour 1000) dans la Haute-Savoie, la Savoie, les Hautes-Alpes, puis dans le Cher, la Creuse et l'Indre-et-Loire.
Aliénation mentale. — L’aliénation mentale est surtout fréquente (1,35 à 1,60 pour 1000) dans le Pas-de-Calais, la Somme, les Ardennes, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, Creuse, Puy-de-Dôme.
Épilepsie. — L'épilcpsie à de beaucoup son maximum (5 à 6 pour 1000) dans ja Lozère, les Landes, la Haute-Garonne.