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S 2. ÉTAT PHYSIOLOGIQUE

Jeûne. — Etre à jeun constitue déjà une condition d’aptitude morbide : optimum medicamentum cibus opportunus (Celse). Aussi dans les pays à fièvres, est-il populaire qu’il convient de ne jamais sortir sans avoir mangé ; l’alcool et tous les poisons s’absorbent plus vite à jeun, et Celse disait avec raison : [lud ignorari non oportet, omnis serpentis ictum et jejuni et jejuno magis nocere. CI. Bernard a d’ailleurs montré que le chien, en digestion, supporte telle dose de curare qui le tuera, s'il est à jeun.

Quantité des humeurs. — A cette condition de l’état de plénitude ou de vacuité des organes absorbants il en faut joindre une autre : la masse du sang a son influence sur l'aptitude et sur l’immunité morbides des races et des individus. CI. Bernard a, en effet, montré que l'absorption augmente ou diminue à mesure que la masse du sang diminue ou augmente : il retire à un chien une demi-livre de sang et lui donne un poison violent; tel effet qui n'aurait dû se produire, si on n'avait pas saigné l'animal, qu’après deux minutes, se produit alors après trente secondes; l’absorption s’est donc faite quatre ou cinq fois plus vite. Mais si l’on remplace la demi-livre de sang par une demi-livre d’eau, la rapidité d’absorptionrevient à son taux normal.

Rut., — Pour une même espèce, une même race, un même sexe, un mème àge, un mème individu, l'aptitude morbide varie avec certains états physiologiques : chez la grenouille en rut, l’arsenic n’a pas le même pouvoir toxique que chez la même grenouille à l'état normal.

Grossesse, — Pendantsa grossesse, la femme n’a ni les mêmes aptitudes ni les nèmes immunités morbides, qu'avant ou après.

La scarlatine est alors fréquente chez elle.

On observe de mème chez les brebis pleines une aptitude morbide spéciale.

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