ÉTAT PHYSIOLOGIQUE
sens, sont plus visibles encore pour la chimie, et la réceptivité morbide individuelle varie suivant les individus d’une même race avec l'état chimique des humeurs, qui correspond à ce qu’on nomme le tempérament ; c’est ainsi que les teignes, le favus trouvent chez les enfants scrofuleux un milieu favorable et n’atteignent guère qu'eux. Virey a dit excellemment : «Parmi tousles individus d’une «même race humaine il se trouve desidiosyncrasies ou des natures « particulières qui les différencient (proportion variable des li- «quides et des solides, prédominance nerveuse, etc.); tous les «tempéraments ont leur influence sur les actions de l'individu, « commesur le gouvernement des nations ». Les tempéraments, absolument comme les espèces, les races, les sexes et les âges, doivent donc leur aptitude diverse aux maladies, à des raisons anatomiques; ces différences tiennent à des différences de proportion de l’albumine, de la fibrine, etc., danse sang; c'est ainsi que le Pityriasis versicolor est surtout fréquent chez les phthisiques et chez les arthritiques et que lérysipèle atteint de préférence les convalescents.
Qualité des humeurs.,— L'aptitude morbide est si bien due à une question de chimie, qu'il suffit, dans certains cas, de changer la nourriture d'un animal, pour modifier complètement son aptitude morbide.—Ainsi une expérience, répétée plusieurs fois par Tesser (de Munich), lui a montré que les rats blancs, lorsqu'on les nourrit avec de la viande, sont réfractaires au charbon ; chez ceux qui, au contraire, ne mangent que du pain, l’inoculation réussit, et tel animal qui à résisté aux inoculations, tant qu'il à mangé de la viande, perd toute immunité une fois qu'ii n'est plus nourri que de pain. Cela nous montre que, pour que la bactéridie se plaise à vivre dans le sang, il faut qu’elle y trouve non seulement une température donnée, mais un état chimique donné.
C'est parce que les tempéraments varient que, dans une même race, varie l'aptitude individuelle. Ainsi, le chien passe, à bon droit, pour avoir de l'aptitude à prendre la rage, et cependant les inoculations faites à cet animal ne réussissent que dans la proportion de 2/5 ou 2/3. Hertwig, dans l’espace de trois aus, a inoculé le même chien trois fois, sans succès. La morve n’est pas, non plus, fatalement inoculable au cheval : dans la première année, l’inoculation réussit même rarement. Toutes ces différences tiennent à des différences dans la qualité des humeurs.