‹ La geógraphie médicaleChapitre 37 sur 233 · VENTS · texte numérisé non relu

VENTS

pénibles pour l’homme et les autres animaux : tout le monde à entendu parler des effets terribles du kamsin, en Égypte. Volney a comparé l'impression produite par ce vent à celle d’un four; la peau se sèche, la respiration devient haletante, pénible, un malaise général envahit l'organisme. Larrey, pendant lexpédition d'Égypte, faillit succomber ; les chameaux eux-mêmes sont fort incommodés et ne se mettent à l’abri qu’en se couchant, le nez enfoncé dans le sable, jusqu’à la fin de la tempête, qui dure environ 2 ou 3 jours. Les végétaux sur lesquels à passé le kamsin sont grillés et desséchés.

Les climatologistes ont décrit une foule de vents plus ou moins célèbres, sur lesquels ce n’est pas ici le lieu d’insister. Il existe aux iles Falkland un vent d'est redoutable : les oiseaux succombent sous son influence ; les porcs, pendant tout le temps qu'il souffle, sont dans un état violent d’agitation et de fureur.

Les vents ont, en climatologie une importance qui n’est pas méconnue. Des courants souvent plus ou moins permanents ont dans l’atmosphère un rôle analogue à ceux des courants en général plus permanents de lOcéan; tous les deux modifient le climat d’un liéu, qui cesse d'être ce que la latitude, la longitude et laltitude eussent fait supposer. Un des exemples les plus curieux du rôle modificateur des courants aériens nous est fourni en Chine. Depuis plusieurs années règne dans cette contrée un courant atmosphérique profond, constant, dans une direction à peu près parallèle à celle que suit le Yang-tze-kiang (fleuve Bleu), de l’est à l’ouest. Le P. Dechevrens, qui l’a découvert, lui attribue la sécheresse terrible dont est frappé depuis quelques années le Nord de la Chine; en effet, dit Élie Margollé, par sa profondeur, sa largeur et sa rapidité, il constitue une barrière infranchissable à tout courant secondaire tentant de passer du midi au nord de la Chine ou inversement, à une certaine distance du sol. « Or, dans un pays septentrional « privé de grands cours d’eau, qui n’est arrosé que par les pluies « amenées sous forme de vapeurs au sein des courants aériens « partis des régions équatoriales, quelle sécheresse ne doit pas « produire l'interruption de ces courants, interceptés durant « plusieurs années ! Refoulés ou arrêtés , ils sont alors entrainés « de l’ouest à l’est, puis une fois redescendus à la surface du sol, repris par l’alizé de nord-est, qui les à ramenés à travers GÉOGR. MÉD. 4

« la Chine méridionale, abandonnant sur leur route les pluies « qu'ils devaient transporter vers le nord. »

Nous avons jusqu'ici considéré l'atmosphère au milieu de laquelle nous vivons, comme une enveloppe gazeuse qui s'étendrait autour de la terre, avec une épaisseur partout invariable ; mais il n’en est rien : le fond de l’océan gazeux est au contraire três inégalement mouvementé, ici creusé de vallées, là hérissé de montagnes. Il en résulte que l’épaisseur de Ja couche d'air qui nous entoure est très variable et que cette couche d’air profonde, épaisse au-dessus des vallées basses, est, au contraire, mince au-dessus des montagnes et d'autant plus mince que ces montagnes sont plus hautes. Pour se faire une idée de la variabilité d’épaisseur de cette couche d’air, il suffit de considérer d’un côté le pourtour du lac Asphaltique, en Judée, à plus de 100 mètres au-dessous du niveau de la mer, et de l’autre le mont Éverest, dans le massif central de l'Asie, qui ne s’élève pas à moins de 8 840 mètres au-dessus du même niveau de la mer.

Action de l'altitude sur la température, — Un des premiers effets que ressentent les êtres vivants de l’amincissement de la couche d'air qu’ils ont au-dessus d’eux, c’est la diminution de la température. Cette diminution tient en réalité à ce que l'air absorbant et emmagasinant une certaine quantité de chaleur, nous àvons d’autant moins chaud, que cette sorte de revêtement gazeux et chauffé qui nous entoure, est moins épais. Il en résulte que la température va en diminuant, à mesure qu’on s'élève au-dessus du niveau de la mer, et que, sans changer de latitude, tout en continuant à recevoir le soleil pendant le même temps et sous un même angle, on a d'autant plus froid que l’altitude est plus grande. Une ascension équivaut donc à un changement de latitude vers le nord. D’après Flammarion, la température décroît en moyenne de + 1° par 189; les modifications apportées dans l'organisme des êtres vivants par le milieu atmosphérique s’échelonnent donc dans le même sens du pied d'une montagne à son sommet que de l'équateur au pôle.

C’est ce que le professeur Martins a bien démontré pour le mont Ventoux, qui s'élève brusquement à 1911® au milieu de la plaine

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