‹ La géologie expérimentaleChapitre 11 sur 132 · EXPÉRIENCES PAR DES SAVANTS NON GÉOLOGUES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES PAR DES SAVANTS NON GÉOLOGUES

sismographes et dont on a fait un vrai réactif des micro-tremblements de terre.

Danç son mémoire sur le gyroscope, Foucault s'élève encore plus haut dans la philosophie de la question : « Vous n'avez plus seulement sous les yeux, comme avec le pendule, dit-il, le déplacement progressif d'un plan idéal , plus ou moins bien défini par la trajectoire d'une masse oscillante; vous possédez des pièces matérielles, réellement soustraites à l'entraînement du mouvement diurne *. »

Il montre que le gyroscope étant en mouvement, son axe de rotation ne peut se trouver en équilibre que dans le plan du méridien. D'où il conclut que, sans le secours d'aucune observation astronomique, la rotation d'un corps à la surface de la terre suffit à indiquer le plan du méridien. Première étape vers cette autre découverte, que tout corps tournant autour d'un axe, libre de se diriger sans sortir du méridien, s'oriente parallèlement à l'axe du monde et de manière à tourner dans le même sens que la Terre.

L'espèce d'analogie qui se dégage d'elle-même à ce sujet entre le corps tournant qui s'oriente et l'aiguille aimantée et que Foucault a eu soin de signaler, — en même temps qu'elle est peut-être de nature à éclairer l'essence même des phénomènes magnétiques, — nous servira de transition vers d'autres travaux où nous sommes autorisés à voir une collaboration fournie par des physiciens à la Géologie.

1. Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XXXV, p. 423.

C'est en effet dans cette catégorie que se place sans doute Tensemble des études d'Ampère sur le magnétisme terrestre et les expériences qu'il réalisa avec les solénoïdes.

Sans y insister, faute de place suffisante, remarquons seulement qu'elles constituent comme un type d'expériences de physique dont la Géologie tire un bénéfice immédiat. M. Moureaux nous en a fourni un exemple bien remarqué, il y a très peu d'années encore.

L'expérience d'où Cavendish a tiré la mesure du poids de la Terre est aussi, pour une bonne part au moins, de la catégorie géologique.

Elle contraint l'attraction terrestre à s'exercer, dans des conditions très artificielles, sur une masse préalablement définie et constitue en réalité une reproduction du phénomène naturel d'attraction entre la terre et tous les corps pesants.

C'est un autre physicien anglais, William Thompson, qui imite, dans son laboratoire, le phénomène du refroidissement spontané du globe et qui en tire des conséquences absolument géologiques sur la formation et sur la vitesse d'épaississement de la coque planétaire . D'après son estimation, la durée du refroidissement serait de 1 degré en quatre millions d'années, et si on réfléchit à la dimension de ce chiffre on doit en conclure la véritable incommensurabilité des durées planétaires et des durées humaines.

Et puisque nous en sommes à la chaleur, quelle place ne faut-il pas faire aux expériences du physicien

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Tyndall sur la congélation de Teau d'où se dégage toute une théorie de la progression des glaciers ?

Les chimistes sont encore bien plus nombreux que les physiciens. Déjà le vieux Lemery, à la fin du XVII® siècle (son Cours est de 1675) prétend faire servir une expérience de chimie à la solution du problème des volcans.

Il fait un mélange à poids égaux de fer en limaille et de soufre en fleur réduit en pâte au moyen de l'eau, et constate qu'il s'échauff'e et dégage de la vapeur d'eau, puis se soulève en se craquelant. Série d'effets dans lesquels l'auteur voit la reproduction de l'éruption du Vésuve et du mont Etna, et celle des tremblements de terre qui l'accompagnent « trop souvent ».

Il insiste sur la trouvaille dans les régions volcaniques de matières analogues, au moins pour l'aspect, à celles qu'il met en œuvre.

Bref, avec les moyens dont il dispose, il fait de la vraie Géologie expérimentale, et le fait mérite d'être expressément constaté, malgré l'impossibilité d'appliquer le résultat obtenu à l'explication du phénomène naturel.

Si l'expérience sur les volcans est surtout fameuse, il ne faut pas oublier d'ajouter que dans d'autres chapitres Lemery a également laissé voir son souci d'éclairer par la chimie les phénomènes de l'économie terrestre.

« La chymie, dit-il, nous enseigne comment les eaux vitrioliques et métalliques se coagulent dans les entrailles de la terre, et font les minéraux, le^ métaux

et les pierres selon les diverses matrices qu'elles rencontrent. »

Depuis Lemery, bien des chimistes ont montré que des expériences réalisées par eux ont des applications probables à Thistoire de la Terre : on n'en mentionnera ici que quelques-unes spécialement fécondes en résultats.

Gay-Lussac, dans cette catégorie, mérite une place d'honneur. L'expérience qu'il a réalisée est véritablement une tète de ligne de la Géologie expérimentale, qui a donné naissance à des séries très nombreuses de résultats précieux. Elle consiste à faire mutuellement réagir dans un tube de porcelaine chauffé au rouge de la vapeur d'eau et du perchlorure de fer volatilisé. La double décomposition ainsi provoquée consiste dans la formation simultanée de l'acide chlorhydrique qui se dégage et du sesquioxyde de fer qui cristallise avec tous les caractères que présente, dans ses gisements volcaniques, le minéral connu sous le nom de fer oligiste.

Enfin, pour ne pas abuser de la patience du lecteur, je ne mentionnerai plus dans cette direction que les études purement chimiques de M. Schlœsing sur la composition de l'atmosphère : on y trouve des expériences que peut revendiquer pour elle la Géologie expérimentale.

Elles ont trait à la constance si extraordinaire de Tacide carbonique, dont la proportion dans l'air est représentée, partout et toujours, par 3 dix-millièmes.

Dans une tout autre direction, je citerai comme

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