‹ La géologie expérimentaleChapitre 26 sur 132 · Océanographie dijuamique^ p · texte numérisé non relu

Océanographie dijuamique^ p

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15 mètres. Aux Shetland, en une nuit, un quartier de gneiss de trois tonnes fut porté à 100 mètres environ. Au Bishop's Rock, une colonne de fer de 7 m. 50 de longueur, pesant 3000 kilogrammes et que, la destinant à un phare en construction, on avait attachée à des roches au moyen de chaînes, fut emportée à 6 mètres de distance et jetée sur une falaise haute de 3 mètres. Et Ton s'explique, par ces exemples, comment Yvon Villarceau a pu constater que, dans le pays de Dunkerque, le sol tremble à un kilomètre et demi du rivage pendant les tempêtes sous le choc des vagues.

Des expériences de mesure ont été faites par Thomas Stephenson en 1843 au phare de Bell-Rock et à Sherryvore, grâce auxquelles on a pu chiffrer Ténergie mécanique des flots. L'appareil est un vrai dynamomètre à plateau, qui conserve, par le déplacement d'anneaux convenablement disposés, la trace de Feffort maximum auquel il a été soumis. Après le choc des vagues. Fauteur trouva des nombres variant de 17 tonnes à 30 tonnes et demie et même à 34 tonnes par mètre carré.

D'un autre côté, une vraie expérience, convertie en un appareil industriel, permet de contrôler l'efficacité dénudatrice du choc de l'eau sur les roches. Nous faisons allusion à l'emploi, dans l'exploitation des alluvions aurifères, de l'instrument désigné d'abord en Californie sous le nom de monllor^ et qui a été importé en Australie, à ^ladagascar et bien ailleurs.

Dans le laboratoire, un petit jet d'eau permet

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d'imiter le même dispositif et de préciser ce qui concerne la dénudation des roches par Teau violemment projetée à leur surface.

Il ne faut d'ailleurs pas oublier qu'au bord de la mer, les flots sont puissamment aidés dans leur œuvre de dénudation par les galets et autres matériaux que les vagues, comme des catapultes naturelles, lancent contre le pied des falaises. Il y a là matière aussi à des essais d'imitation, qui se confondent avec les précédents, dans les appareils où Ton a reproduit les conditions principales du mouvement du flot.

M. Fayol emploie une caisse peu profonde, pouvant osciller autour d'un axe et où de l'eau est soumise à un mouvement de balancement plus ou moins isochrone. M. Stanislas Meunier emploie une caisse en forme de prisme triangulaire rectangle, dont le plan hypoténuse fait le fond, tandis que l'un des deux autres plans, maintenu vertical, fait la face postérieure, et que le troisième, beaucoup plus long, représente l'ouverture supérieure du récipient. Le plan qui constitue le fond fait avec l'horizon un angle aussi peu ouvert qu'on le désire. On verra p. 176 le portrait de cet appareil.

De l'eau étant mise dans le vase, une roue, disposée presque tangentiellement sur l'arête orthogonale du prisme, vient battre l'eau avec des palettes aussi longues que le réservoir est large et donne lieu ainsi à des ondes successives qui imitent les vagues dans beaucoup de leurs caractères. On peut leur faire démolir des falaises sableuses et constater des analogies

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remarquables de forme avec les falaises naturelles. Mais c'est à propos de la sédimentation marine que nous aurons à donner le plus de détails sur ce mode opératoire. Disons seulement qu'avec une falaise comprenant des petits filons de plâtre au travers d'un sable tassé, on donne lieu à une dissection véritable reproduisant les formes des quilles et des rochers isolés de la « Grande côte de Bretagne » et du littoral norvégien.

On peut rappeler que Kriïmmel * a composé un appareil pour imiter les courants produits dans la masse marine par le vent, et qu'on peut l'employer à examiner une série de questions parmi lesquelles figure la dénudation sous-marine. C'est d'ailleurs un sujet qui devra être repris.

Il va de soi que les expériences citées plus haut sur la production des galets, s'appliquent au présent chapitre, comme à l'histoire de la dénudation fluviaire, et expliquent maintes particularités observées.

On y arrive encore mieux, en modifiant cet instrument comme le fait M. Stanislas Meunier, de façon à associer, à l'aide d'un excentrique, des chocs plus ou moins violents et plus ou moins répétés au simple frottement. On fait alors des éclats, qui composent un sable anguleux pareil à celui qui se présente à certains niveaux sur nos côtes crayeuses de haute Normandie. Ce sable a, comme limite de grosseur des grains, la dimension compatible avec le balancement dans les vagues. La forme des grains de ce gravier

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