ACTION CHIMIQUE DES EAUX
est souvent voisine de tétraèdres très surbaissés ou de lames à section triangulaire.
Ajoutons que les remous de la mer le long des côtes déterminent des phénomènes tourbillonnaires identiques à ceux qui, dans les torrents, donnent naissance aux marmites de géants. Le procédé expérimental exposé plus haut s'applique ici sans changement.
Action chimique des eaux.
Mais, on n'aurait évidemment de la dénudation marine qu'une idée très incomplète si on n'y voyait qu'un phénomène mécanique. Une série de réactions chimiques viennent collaborer à l'effet final, beaucoup de roches étant solubles ou attaquables par l'eau marine. A cet égard, il y aurait à répéter ce que nous avons dit pour la dénudation subaérienne en général et l'on ne doit pas oublier ce facteur très important du résultat définitif. De plus, à côté des masses simplement solubles comme les calcaires ou mieux encore comme les gypses, qui en quelques pays, tels que la Nouvelle-Ecosse, font à eux seuls des falaises élevées, il y aurait lieu de mentionner quelques cas intéressants et relatifs à la circulation en des lieux exceptionnels de réactifs spéciaux. Nous avons considéré des phénomènes de ce genre à propos de la dénudation subaérienne où ils sont plus visibles.
C'est ainsi qu'il ne faut pas oublier que la dénudation marine comprend un chapitre physiologique : des êtres vivants collaborent à l'œuvre de dénudation des
90 LA DENUDATION MARLNE OU LACUSTRE
masses rocheuses par le grand organisme maritime. Des algues et des animaux variés désagrègent des roches de catégories très diverses.
Dans ce domaine l'expérimentation n'a pu trouver jusqu'ici à s'exercer. Cependant nous devons mentionner les essais synthétiques de F. Cailliaud (de Nantes) pour rendre compte du mécanisme employé par les mollusques dits lithophages, pour perforer les roches auxquelles ils demandent un abri ^
Des divers modes supposés de perforations par les pélécypodes, l'un a été par cet auteur contrôlé au moyen de la méthode expérimentale. Il a démontré en efl'et qu'on peut, par le frottement des valves de pholades, réaliser des excavations assez profondes pour y introduire la coquille tout entière.
Dans le calcaire et dans le gneiss, en opérant sous l'eau, il a pratiqué en une heure et demie une excavation de 18 millimètres de profondeur.
Cependant il reste des doutes sur la légitimité de la «conclusion d'après laquelle l'animal opérerait exactement par ce procédé.
1. Comptes rendus de PAcadémlc des sciences, t. XXXIII, p. 572, et t. XXXIX, pp. S'i et 755.
TT >^« ra^ 1