La Période glaciaire ^ p
Sur une table de marbre poli (fîg. 15) légèrement inclinée on étend une bande de caoutchouc dont une extrémité est fixée. L'autre peut subir une traction croissante. Entre la table et la bande on éparpille des débris siliceux. Avant l'étirage, on charge la bande de poids convenables. On constate alors que la
traction détermine la production de stries comparables à celles des glaciers.
Dans ces conditions, la plaque a été mordue et on a pu, en faisant varier systématiquement la vitesse et la' pression, dégager la loi du phénomène,
La conclusion est qu'il n'est pas possible qu'un glacier se meuve comme il le fait, sans reproduire aux dépens de son support le travail d'érosion constaté pour les torrents.
Le peu de vitesse est racheté par l'excès de pression et le résultat est comparable.
Il faut rappeler à titre historique que ViolIet-le-Duc, dans ses études sur le massif du mont Blanc, avait
déjà pensé à imiter l'économie des glaciers en étirant une bande de caoutchouc sur une surface accidentée. Et avant lui le major Huber * avait eu recours à un procédé analogue.
Jean de Charpentier, en 1841 *, rattachait le mouvement des glaciers à la même cause que la dilatation d'une barre de fer fixée à une extrémité.
Une dernière remarque est nécessaire pour bien préciser Faction dénudatrice des glaciers. C'est, conformément aux propres expressions de Tyndall % que « ceux qui ont soutenu que les glaciers creusent les vallées n'ont jamais dit, ni voulu dire, que ce fût le bec du glacier qui agît dans ce cas. Pour le glacier de Morteratsch, le travail de creusement, qui s'effectue certainement dans des proportions plus ou moins grandes, doit être bien plus au haut qu'au bas du glacier. »
La ressemblance d'allure entre les glaciers et les rivières se continue dans la ressemblance d'effets érosifs produits.
La forme du sol est analogue, quoique caractérisée, et ses modifications sont comparables.
Parmi les plus intéressantes, je signalerai ici celle qui consiste dans la capture des glaciers.
Ce sont les expériences sur l'usure des roches par des poussières pierreuses qui ont conduit M. Stanislas Meunier à la notion de la capture des glaciers *. Elle