‹ La géologie expérimentaleChapitre 42 sur 132 · Loc. cit.y p · texte numérisé non relu

Loc. cit.y p

de deux causes principales.* D'abord, les galets calcaires sont infiniment plus sensibles que les galets siliceux au phénomène du striage ; ils sont plus tendres et leur surface est beaucoup mieux polie. En second lieu, l'épaisseur des boues alpines est incomparablement plus grande que celle des lambeaux quaternaires des bords de la Seine ; dès lors les pressions réalisées par les tassements sont beaucoup plus intenses et s'exercent plus régulièrement.

En résumé, les expériences et les observations dont on vient de donner un très succinct résumé paraissent justifier dès maintenant les conclusions suivantes :

1** Les tassements et les glissements caillouteux consécutifs à la dénudation souterraine, peuvent donner lieu à des stries, soit sur des galets, soit sur les roches qui supportent des galets, soit sur des dalles glissant sur des galets. C'est en somme une autre forme du phénomène qui a déterminé, dans d'autres conditions, la production des miroirs dans les faitles.

2° Il parait nécessaire d'attribuer au mode de formation dont il s'agit les stries observées à diverses reprises sur des galets, par exemple auprès de Paris dans le quaternaire, par M. Julien et par M. Roujou, — dans le terrain ancien de l'Afrique du Sud (conglomérat de Dwyka) par M. Dunn; — celles qui ont été citées par Belgrand et par CoUomb sur des dalles de grès en place, à la Padole et à Champcueil (Seine-et- Marne); — celles enfin de gros blocs pierreux, tels que

122 LA DÉNLDATION SOUTERRAINE

celui qui a été décrit à Gentilly (Seine) par M. Stanislas Meunier * et qui est conservé au Muséum.

3"* Eniin, il y a lieu de ne pas qualifier un terrain de glaciaire, pour cela seul qu'il renferme des blocs striés ou qu'il repose sur des roches striées, sans s'être assuré, au préalable, que les stries ne peuvent pas provenir du mécanisme qui vient d'être exposé.

Nous n'avons évidemment pas à nous attarder à répondre à des objections du genre de celle que formulait CoUomb ', après avoir étudié des blocs éboulés sur les pentes et qui se sont éraflés. Leurs rayures ne coïncident à aucun degré avec celles que nous étudions ou avec les stries vraiment glaciaires.

En somme , Texpérimentation est venue nous démontrer d'une manière incontestable qu'Agassiz ' a affirmé beaucoup trop vite que « partout où l'on trouve des galets rayés, on a affaire à des accumulations de débris glaciaires ».

Les études expérimentales sur la dénudation glaciaire conduisent encore à une remarque très importante et que nous ne saurions passer sous silence. Elle concerne la prudence qu'il faut apporter dans la détermination de l'âge du ravinement de couches, recouvertes.

Ainsi, dans les Flandres, on rencontre, en beaucoup de localités, la craie blanche ravinée recouverte de

Page 1