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Ibid., t. LVIII

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fondeur, partant du plateau de Lannemezan et alimentée par une dérivation déjà existante de la Neste, lui paraissait pouvoir fournir par an 20 millions de mètres cubes de limon suffisants pour recouvrir 20 000 hectares sur 10 centimètres. D'après Fauteur, a les frais de premier établissement s'élèveraient à 11 millions ; la dépense annuelle, intérêt de ce capital compris, à 1 100 000. En moins de soixante ans, par ce procédé, la surface des Landes serait entièrement régénérée, de manière à faire de ce pays aujourd'hui déshérité, la plus riche province de France. »

Pourquoi cette idée ne serait-elle pas reprise un jour?

M. Fayol a fait, sur les dépôts des corps en eau courante, une série d'expériences ' qui montrent que le dépôt de chaque particule est déterminé par le résultat d'une espèce de conflit entre la pesanteur qui tend à déterminer une chute verticale et la force du courant qui tend à produire un déplacement horizontal. On opère en abandonnant, librement et sans vitesse, à la surface d'un cours d'eau à régime constant, des grains bien définis qu'on recueille dans un casier disposé à 1 mètre de profondeur.

Quant aux résultats, on trouve que les matériaux lourds, en grains grossiers, ne s'éloignent pas beaucoup de la verticale.

Cependant les grains sphériques de houille, de 600 centimètres cubes, suivent, dans un courant faisant

1. Études sur le terrain houiller de Commeniry, V rolame, Slratigrapliic. St. MEUNiEn. — Gôol. oxp. ^^

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m. 50 par seconde, une trajectoire inclinée à 45** sur la verticale.

Pour les poussières cette ligne de chute se relève encore et se rapproche de la direction horizontale.

Des végétaux jetés dans Feau courante, peuvent franchir de très grandes distances sans subir de détérioration sensible, et ce résultat peut être appliqué à l'explication de l'état remarquable de conservation de débris végétaux du terrain houiller.

C'est ainsi que des pétales de rose, de pensée, des feuilles de lierre, de bouleau, de poirier, etc., ont fait 3 kilomètres, sur une eau coulant à raison de 50 ou 60 centimètres à l'heure, sans subir la moindre détérioration.

Les faits dont M. Fayol s'eM occupé s'appliquent directement à la genèse des bancs de sable et à la disposition relative des alluvions fines et des alluvions grossières dans les cours d'eau.

L'existence des méandres des rivières, qui répartissent les vitesses dans le courant, de part et d'autre d'une ligne qui n'est point celle qui divise en deux parties égales la surface de la rivière et le déplacement successif de ces méandres, expliquent jusque dans les détails les plus intimes la stratification spéciale des dépôts fluviaires.

Si l'on considère un point spécial du fond d'une vallée et si on éclaire son histoire à l'aide des expériences qui ont été résumées à propos de la dénudation, on constate que sa condition change singulièrement au cours du temps. 11 a été d'abord, par exemple, un point de la rive concave où la dénudation

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s'exerçait active et il était soumis à un lavage qui en arrachait toutes les substances fines et légères, pour n'y laisser que les gros galets et les autres masses lourdes qui s'y pouvaient trouver. Mais jpeu à peu, en conséquence de l'écoulement des méandres décrit plus haut, la vitesse de l'eau s'y faisait moins grande et des graviers pouvaient s'y déposer. Ils y étaient, d'ailleurs, dans une situation quelque peu instable et à chaque instant des remous et des filets plus rapides les déplaçaient un peu; ils se comportaient alors exactement comme les sables poussés par les vents dans les dunes et se rassemblaient en bourrelets à structure inclinée dans le sens même du courant. Celui-ci ne tardait pas à dévier, et alors les éléments obliques nouveaux se déplaçaient par rapport aux anciens, de façon à former peu à peu ces lits entre-croisés et enchevêtrés qu'on cotinaît dans toutes les grevières. Les dépôts se faisaient de plus en plus fins, à mesure que les conditions se réalisaient de plus en plus, de la rive convexe à l'eau presque dormante, et le fond s'exhaussait de couches fines, de moins en moins inclinées, admettant dans leur masse des débris organiques animaux ou végétaux destinés à devenir des fossiles. Mais un nouveau méandre descendait; l'eau redevenait progressivement énergique; une partie du dépôt était emportée, mais une autre était recouverte de matériaux relativement grossiers, qui la fixaient, et la même série des phénomènes recommençait. Rien de plus facile, sur une plage, par exemple, que d'imiter expérimentalement les phases de cette histoire.

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