LE RETRAIT DES SEDIMENTS
et que les tronçons ont élé soudés ensuite les uns aux autres par des concrétions. C'est ce que l'expérience confirme, comme l'a montré M. Stanislas Meunier.
Une bande de caoutchouc, disposée dans un appareil qui nous servira plus loin à diverses reprises et que nous avons déjà mentionné à propos des crevasses glaciaires, reçoit une mince couche de stéarine; après refroidissement, on tend le caoutchouc et on voit se faire des crevasses dont l'analogie avec celles de la roche naturelle est tout à fait remarquable.
Un autre cas plus net encore concerne la réduction de certaines couches en polyèdres dont les formes sont si constantes qu'on a cherché, à une certaine époque, à y voir des efTets de cristallisation. C'est ce qu'on constate, par exemple, dans maintes couches de houilles et sur- Fig3i.-iinii«ioii"p*tout de schistes, d'âges d'ailleurs an ■wim.nii .1 poijidr.. très différents d'un cas à l'autre.
Les mâclines de Vire, les schistes de Saint-Sauveur, les phyllades d'Angers, présentent de ces blocs pseudoréguliers avec une abondance extrême,
11 n'est pas légitime de voir, dans ces produits, des résultats de la torsion des couches, comme M, Daubrée avait essayé de le faire. Nous verrons que les expériences par torsion donnent des formes très diffé-
Ûtt COMPLÉMENT D'OBSERVATIONS
rentes des formes naturelles. Au contraire, M. Stà-> nislas Meunier a montré que des actions exercées dans le plan des couches considérées, sont tout à fait efficaces ? et fournissent des imitations rigoureuses des faits naturels. C'est exactement avec Tappareil qui vient d'être cité que l'auteur a opéré, mais il s'en est servi d'une façon inverse, au moins en apparence. En eflFet, il n'étale la stéarine qu'après avoir étendu le caoutchouc, et c'est en relâchant celui-ci, très peu d'ailleurs, après refroidissement, qu'il obtient les cassures conjuguées de la figure 37, qui donnent des rhomboïdes géométriquement réguliers.
En réfléchissant un peu, on rexîonnaît cependant qu'il s'agit ici autant d'une extension que d'un refoulement. Le caoutchouc relâché s'élargit, en eff*et, et il se fait sur son enduit un retrait tout à fait évident. . 11 ne faut d'ailleurs pas oublier que si la dessiccation amène une diminution de volume dans les sédiments, il y a quelques actions qui , développent à l'inverse comme un foisonnement des couches; par exemple, l'hydratation qui peut déterminer la transformation de l'anhydrite en gypse, amène une variation de volume extrêmement considérable. Les expériences ne sont pas encore complètes à cet égard.