Savants étrangersj t. XXVII, n
les matières fluides, gazeuses de l'origine, ont pris l'état solide : conditions réalisées à l'heure présente dans la photosphère du soleil.
Dans un tube de porcelaine, sont disposés des fils de magnésium métallique et l'on fait arriver à leur contact, deux courants gazeux, constitués l'un par de la vapeur d'eau et l'autre par du chlorure de silicium. Au moment où la température atteint le rouge sombre, une réaction très énergique se développe et, parmi divers produits dont les proportions varient avec les conditions de l'expérience, on rencontre d'innombrables cristaux de pyroxène magnésien tout à fait semblable, pour la composition, pour la forme et pour les détails de structure, clivages, etc., aux grains cristallins contenus dans les roches silicatées magnésiennes. Ce pyroxène se constitue à une température extrêmement inférieure à celle de sa fusion et cette synthèse contraste avec toutes celles dont les silicates avaient jusque-là été les objets. Son intérêt principal est de cadrer certainement avec les conditions primordiales dont nous parlions tout à l'heure.
En variant les proportions des corps réagissants et le mode d'application de la chaleur, M. Stanislas Meunier a produit le péridot ou olivine en petits grains pareils à ceux des dunites et des roches voisines. En substituant l'aluminium au magnésium il a fait de l'amphigène, et les minéraux felsdpathiques se sont engendrés en présence d'alcalis caustiques, potasse ou soude, ou de la chaux.
Mais, ce qui a donné un caractère plus net encore à
Tensemble de ces synthèses, c'est qu'il a été possible d'en cimenter ensemble les produits par des concrétions métalliques, ayant tous les traits de composition et de forme de bien des éléments métalliques des roches naturelles. M. Stanislas Meunier a insisté sur deux types dans cette série : la dolérite à fer natif du Groenland et la roche mère du platine de l'Oural.
Pour ce qui est de la dolérite d'Ovifak, les granules métalliques de tous ordres en ont été imités au double point de vue de la forme et de la composition. A ce dernier égard, on sait que le métal dont il s'agit, comparable à une fonte naturelle, consiste avant tout en un carbure de fer. L'auteur Ta reproduit exactement en mettant en rapport, dans le tube de porcelaine chauffé au rouge, un courant de vapeur de chlorure de fer avec un courant d'oxyde de carbone. Il se fait un métal compact, nullement pyrophorique et dont la teneur en carbone, voisine de 4 pour 100, est fort rapprochée de celle du modèle à reproduire.
Au point de vue de la forme, l'imitation est des plus satisfaisantes *. Là où la place ne manque pas, le métal se constitue en sortes de tubercules arrondis qui sont comme des miniatures des blocs rapportés par M. Nordenskjold et dont on peut voir un moulage dans la
galerie de Géologie du Muséum. Q)uand l'espace est plus restreint, par exemple dans un tube encombré de fragments de péridot ou de pyroxène, le métal comble