LES SCIENCES COLLABORATRICES DE LA GEOLOGIE
série de procédés d'étude qui nous révèlent les particularités les plus intimes de la structure des minéraux cristallisés.
Si bien que nous ne considérons plus une roche comme connue si nous ne Tavons pas soumise au microscope dans la lumière polarisée, après l'avoir réduite en lame mince.
La chimie prête son concours à notre science à tous les instants; ses méthodes nous procurent la connaissance de la composition des minéraux et des roches et nous fait pénétrer dans le mystère de leur origine et de leur mode de formation.
La biologie, enfin, nous fournit des lumières décisives non seulement pour la reconstitution des êtres dont les fossiles sont les débris, mais encore pour éclairer les conditions dans lesquelles chacun d'entre eux a vécu; pour restaurer la météorologie de chaque période, pour élucider en un mot les grands traits de l'évolution terrestre.
Les considérations relatives à la géographie zoologique et à la géographie botanique ont des contrecoups directs sur l'histoire des êtres vivants à toutes les époques. M. E. Blanchard a conclu de recherches analogues des faits concernsniiV histoire géologique de la Méditerranée.
En résumé et conformément à notre assertion de tout à l'heure, nous voyons les sciences les plus diverses collaborer véritablement à la constitution de la Géologie.
Expériences géologiques réalisées par des savants
non géologues.
Aussi pourrions-nous constater la collaboration effective au point de ^ue expérimental d'une foule de savants qui ne sont aucunement des géologues ^et qui contribuent à Toeuvre commune sans sortir un seul instant du cadre précis de leur spécialité propre.
C'est en tète de cette véritable pléiade qu'il convient de ciler Plateau, illustre savant belge qui a fourni à la magistrale théorie cosmogonique de Laplace la vraie sanction dont elle puisse se prévaloir.
11 est parvenu en effet, comme tout le monde le sait, à réaliser effectivement les conditions attribuées par Laplace à la substance cosmique primitive : il a montré qu'une goutte d'huile soustraite à l'action de la pesanteur par sa submersion dans un milieu (mélange d'eau et d'alcooj) qui exerce sur elle une poussée égale à son propre poids — prend la forme rigoureusement sphérique.
11 a fait voir en outre que cette sphère fluide et sans pesanteur, obéissant seulement à l'attraction exercée sur elle par son propre centre de gravité, se déprime dans ses régions polaires dès qu'on la fait tourner autour d'un de ses diamètres. C'est là vraiment de la Géologie expérimentale et, je le répète, rien n'équivaut à la sûreté de cette matérialisation comme contrôle de la théorie.
Et j'en dirai autant de cette autre expérience non
EXPERIENCES PAR DES SAVANTS NON GEOLOGUES il
moins célèbre par laquelle Léon Foucault a rendu tangible le mouvement diurne de rotation de la Terre.
Tout le monde connaît l'expérience du pendule et surtout tout le monde a manipulé le gyroscope^ mais on n'a pas insisté assez sur le caractère géologique du travail de Foucault.
Il s'agit bien là (on ne saurait trop le répéter) d'un trait essentiel de l'économie terrestre. Les observations astronomiques sont impuissantes à le démontrer rigoureusement, car on ne voit dans ce qu'elles nous donnent qu'un déplacement relatif du point de la terre et de la voûte céleste, et plusieurs dispositions des choses pourraient en être la cause.
Foucault, au contraire, nous procure un plan d'observation rigoureusement fixe et il nous montre le globe terrestre tournant au-dessous de lui.
A cet égard son premier mémoire du o février 1851 * est un modèle parfait, digne d'une étude attentive.
Il montre que, grâce à l'inertie, le plan d'oscillation d'un pendule ne suit pas le mouvement de rotation de son support, et il le montre par une expérience :
« L'indépendance du plan d'oscillation et du point de suspension peut être rendue évidente par une expérience qui m'a mis sur la voie et qui est très facile à répéter. Après avoir fixé sijr l'arbre d'un tour et dans la direction de l'axe, une verge d'acier ronde et flexible, on la met en vil)ration en l'écartant de sa position d'équilibre et en ral)andonnant à elle-même.