LA DISTRIBUTION GENERALE DES MONTAGNES
la feuille de caoutchouc. Elle est prise entre deux cadres circulaires en fer, qui sont rattachés solidemeot entre eux par quatre pinces f auxquelles sont fixés des crochets. A ces crochets se rattachent des cordelettes / qui viennent s'enrouler sur un arbre horizontal en fer qu'on pourra actionner avec une manivelle m,
La feuille de caoutchouc étant ainsi maintenue, on kl pose horizontalement sur la demi-sphère de bois B, qui est fixée à l'extrémité d'une solide tige de fer S, puis on tire à l'aide des cordes par le moyen de la manivelle et le caoutchouc en s'étendant prend la forme désirée. Il est désigné par c dans la coupe. Gela fait, on dispose sur le cadre un moule en deux parties de forme hémisphérique et qui laisse, entre sa surface interne et le caoutchouc, un intervalle de 2 à 3 centimètres. On y coule, par une ouverture supérieure, du plâtre, seul ou mélangé de sable et d'autres substances, et qu'on laisse prendre jusqu'à un degré convenable. Ce résultat obtenu, on retire le moule et on laisse revenir tout doucement le caoutchouc sur lui-même.
Le caoutchouc, en se contractant, soulève le cadre qui refoule le plâtre, et celui-ci, suivant tous les méridiens, tend à refluer vers le pôle. Alors on voit la région polaire se comporter comme un butoir vis-àvis de toute la matière qui converge vers lui et il ne tarde pas à se faire un bourrelet très grossièrement circulaire (fig. 55) autour d'une cavité dont la forme varie suivant les cas.
304 LA PR«DUCTIl)N DES MONTAGNES
On peut voir dans ce bourrelet l'analogue du continent archéen et, dans la dépression, ce qui ne peut manquer de frapper l'esprit, le correspondant de la mer profonde que M. Nanssen a signalée dans les régions hyperboréennes.
Quoique la contraction du caoutchouc soit continue, on voit, en arrière du premier ridement, se constituer une surface non soulevée, et c'est au sud de celle-ci que Fi|i. M. - ihbuUi» Dbiciin >ur ùdc ■'■loite da piiire sc fait, à u» Certain
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ou moins circidaire et le long de laquelle se fait une nouvelle ride que nous pouvons comparer au relief calédonien. Après un nouveau repos relatif, il se déclare un ridement hercynien, etc.
Parmi les observations très nombreuses auxquelles les expériences donnent lieu, il faut remarquer tout d'abord qu'une action continue de rétraction y donne lieu à des dislocations discontinues, intermittentes pour ainsi dire, et l'application en est fort importante, par exemple, à la discussion même desjgrands principes de l'École actualiste.
LA mSTRIBUTEON GÉNÉRALE DES MONTAGNES 305 t)e même, on y assiste réellement à cette propagation horizontale des soulèvements dont nous avons déjà parlé et qui expliqué par exemple comment, tout en appartenant a une même, ride, les .Pyrénées sont antérieures aux Alpes, les Alpes aux Carpathes et ceux-ciau Caucase .
Enfin, on peut voir des cassures dirigées suivant les parallèles, associées, après des inflexions, à des chaînes orientées de façon à suivre
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fait l'Oural. C'est '''"'""""'^'"™' '"'"'"'■'"" *'°''"''"'"" '^''^"■ ce que montre le résultat de rexpérience représentée dans ia figure 56, relative à un spécimen choisi parmi lies séries d'autres. C'est évidemment le correspondant, pour la forme hémisphérique de la masse frangible, des réseaux de cassures compliquées décrits tout à l'heure pour les plaquettes planes.
Enfin, de même que M. Faye voit le moteur de la météréologie dans les hautes régions de l'atmosphère, de même il semble qu'il faille voir le moteur des actions orogéniques dans la profondeur terrestre.
En résumé et quoi qu'il en soit de ces remarques,
St, Meunier. ~ Gi^ol. esp. 20
répétons que les caractères orogéniques généraux de FEurope se présentent comme s'ils résultaient, avant tout, de la possession, par la surface du noyau fluide de la terre, d'une espèce de viscocité analogue à la contractilité du caoutchouc préalablement distendu. La distension primitive de cette zone superficielle de la matière nucléaire peut être attribuée à la force centrifuge résultant de la rotation du globe autour de son axe; son retirement à sa diminution progressive de volume, consécutive au refroidissement séculaire et dont la composante tangentielle entraînerait vers les pôles et parallèlement à Téquateur les roches superposées.
Un dernier mot est d'ailleurs nécessaire à ce sujet pour prévenir tout malentendu : je ne dis pas, et je tiens fort à le constater, que l'intérieur du globe soit formé d'une matière comparable à du caoutchouc. Mais je dis que, s'il était ainsi composé, les ridements orographiques de l'Europe devraient se présenter comme ils le font en réalité.
Reste à savoir pourquoi les deux hémisphères ne présentent pas les mêmes particularités ; mais c'est un point que notre pénurie de documents nous oblige à laisser provisoirement de côté.