SCENE QUATRIÈME
GONDRiN, s'adossanf ini peu contre le chevet du lit.
On mo prendra tout !... [Avec éclat, en se redressant.) Eli ben, non ! Cot or est à moi ! (Il passe à droite en serrant le sac contre la/' comme un avaref.) J'ie garde ! j'ie garde !
GERVAiSE, allant à Gondrin, en descendant par la droite.
Et la prison, Gondrin ?
G0^■DRI^^ faisant un mouvement.
La prison ! . (Baissant la voix ) Qui saura qu' j'ai volé ?
GERVAISE, l'icement.
Denise parl'ra.
GONDRIN, d'un ton sinistre.
Faut voir !... (Pour lui cacher son contentement d'avoir rénssi, Gervaise gagne te devant de la table. Apr-ès un temps, clier chant de nouveau des excuses au crime qu'il prémédite, il va vers elle, la tète basse ) L'homme... l'homme qui la poursuivait, croistu qu'y l'aurait tuée ?
// /'élève ta tète et regarde Gervaise, attendant sa réponse avec angoisse.
GERVAISE, très a/firmalire.
J'en suis sûre !
Au même instant, on entend cliantcr Denise à la cantonade.
Gervaise, Gondrin.
GONDRiN. faisant un pas vers la clro'te.
. Ah!...
Il se laisse lomber sur le tabouret, à droite de la table, en écoutant le citant avec émotion, tourné vers la porte de la cuisine. Gervaise, appayée contre la table, face an public, reste impassible.
DENISE, cJuiJttant. (*)
Couples joyeux, dansez, donsez encore,
Au son du tambourin !
On rit le soir, et souvent à l'aurore,
On pleure de chagrin.
Elle reprend sur un ton plus bas les deux derniers vet^s, penda7it que Gondrin parle.
GONDRIN, troublé, se iommant vers la table et y déposant le sac qu'il avait gardé à la main.
Ça m'fait quéq'chose de l'enlcndre. . .
GERVAISE, irritée, en remontant par la gauche, au-dessus de la table.
Pourquoi '. Toinelte chante bcn mieux !
GONDRIN
Tout dmême, c'est dommage qu'elle soit jeune comme not'fllle. [A lui-même, en s'accoudant sur la table.) Ah ! oui, c'est dommage !...
GERVAISE, s'approcJiant de lui, au-dessus, et appuyant sur les mots.
Nous s'rons vendus d'main, François !
(•) Voir la musique à la fln de la pièce.