‹ La Gervaise; pièce réaliste en un acteChapitre 2 sur 39 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

BAKBHÉ, ÉDITEUR

12, Boulevard Satnt-Martlx, 12

Tniis ilrints de reprodiirtiaii, dr traduclum et de rciJi-t'senItUion

ri'xervés pour tmis les ixiys, >i rornijris le Daitcnuirk,

les Pays-Bas, In Six'dv et la .\oivcye.

The plaiy La GervaÎsb is enlered aciurdhiy tu art uf Coiigress,

in the ijear l'Mô, by

M. Edmond Duesberg, in the offlve ofthc Librarian ofCnngress al

'Washington. AU rights rescrred.

Pô.

tl3ê^^ PERSONNAGES

Théâtre Moderne Comédie Mondaine

nONDRlN ,50 à 55 ans) M. E. Lebreton.

GERVAISE {48à50ansj M^es L. Vallier.

TOINETTE (is.nns) . F. Bergeys.

DENISE ,19 an«) . . E. F.ERARTHY.

M. Daout.

Mmes DiEUDONNÉ.

R. Hoffmann.

R. Stbens.

Dans los Ardeiines, de nos jours.

TouIps les indications sont pri.ses de la gaïu'he et de la droite du speetalcur. — Les personnagres sont inscrits en tête des scènes dans l'ordre qu'ils oi't'upent au théâtre. — Les flianyementsde position sont iniiif]ue.'! par des renvois au bas des pages.

Intérieur fustique. Les inuis et le plafond sont noircis par la (limée. En plusieurs endroits, la chaux des murailles étant écaillée, la brique ajjparait. A gauche, dans un pan coupé, une poite s'ouvrant sur le fenil. Au fond, même côté, un œil-de-bœuf assez élevé. L'un des carreaux est cassé et les autres sont couverts de poussière. Vers le milieu du panneau, une porte, mal jointe, donnantsur une grand'route, a la lisière d'une forêt. Au loin, à gauche, de grands arbres ; à droite, lies champs. A droite, au premier plan, porte de la cuisine. Même côte, a i)eu près au deuxième plan, un escalier de bois, dit escalier de meunier. )ilacé presqu'en biais, dont l'unique rampe est sur la droili". Il conduit à une mansarde fermée par une poite bas>e. A gauche, en biais, dans le même sens que le panneau, dont il est un peu éloigné, un lit de fer. l.e chevet est tourne vers le public. Au pied du lit, dei'i-ière, une table ae nuit. A gauche de la porte du foml. une table de toilette ordinaire ; a droite, une vieille armoire vermoulue à laiiuelle il manque un pied. Il est remj)lace par une cale de bois grossièrement mise. A peu près au milieu de la scène, placée horizontalement, une table carrée avec un tiroir au-dessus. Trois tabourets de bois : l'un, au-dessus de la table du milieu, l'autre à droite de celle-ci, et le troisième à gauche, près du lil. En scène, à droite, près de l'escalier, une chaise de paille en mauvais état. Dans un coin, a droite de l'escalier, une bêche ébiéchee et quelques outils de ferme. Sur le lit, un cou^ relit de laine fort usé. Porte allumettes sur la table de nuit avec des allumettes soufrées. Une cuvette d'étain, peigne, elc. sur la table de toilette; a droite de celle-ci, un seau. Sur l'armoire, un riambleau de cuivre avec une chandelle, une boite d'allumettes soufrées, trois gobelets de métal, un bouquet de fleurs des bois dans un verre à pied, un vieux chapeau de

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liaille (le imysaii, etc. sur la table, un pelil broi; d'éiain comuie la cuvelle, et uiio lampe à l'iaiile d'un ancien système. Elle est allumée. Contre le i)anneau de gauche, au-dessus du lit, un crucifix de cui\ ic avec une branche de buis. Dessous l'œil-de bœuf, une petite glace en )>artie dépolie. Le cadre n'est plus doré que par places. A côté de la glace, une pelote avec des épingles. Au dessus de l'armoire, une planche sui)i)0rlant quelques vieux pois ; un ])etit paquet d'oignons est accroché à lui clou de la planche. Dessous celle-ci, un chromo aux nuances passées, taché par les mouches, est fixé à la muraille par des c)iingles. Verrou iniérieur à la j)orle du fond, et verrou extéi-ieur à la porte de la cuisine. Les carreaux de terre cuite du )ianiuet sont brises ou enlevés iiar-ci iiar-là.

Costumes et aspect des personnages

- GONDRIN. — Blouse de paysan rapiécée. Pantalon de velours marron, à côtes, usé et sale. 11 est retenu par une ceinture de cuir. Mouchoir de couleur sortant un peu de la poche droite de la blouse. Chemise de grosse toile, dont le col mou est rabattu sur la blouse. Vieilles chaussures à clous. Cheveux, mal peignés, tirant sur le roux. Ils sont ramenés sur le front, qui est bas et ridé, et, descendant près des oreilles, forment comme des pattes de lièvre. Les poils de la barbe ap])araissent. On voit qu'il ne s'est pas rasé depuis plusieurs jours. La démarche lente des paysans. L'aspect d'un homme sans énergie, s'adonnant à la boisson et ayant, par moments, des mouvements de colère. fCertains artistes .louent le rôle avec toute la barbe, sale et inculle, de même nuance que les cheveux.)

(iERV.VISE. — Corsage de velours, à côtes, foncé et fripé. Mal boutonne et sans manches. Dessous le corsage, camisole de couleur, avec manches retroussées et col dépassant le corsage de velours. Vieille .jupe de laine foncée, à grands carreaux. Tablier de toile bleue déteinte, un peu décousu dans le bas. Madras, fond jaune foncé, noue an soinmcit de la tête et enveloppant celle-ci presqu'enlièrement. Ouelques cheveux grisonnants dépassent un peu le madras sur le front. Foulard l'ouge, négligemment noue autour du cou, flottant sur la poitrine. Bas de paysanne rayés. Chaussons de lisières foncés. Gcrvaise a le teint hâlé comme Gondrin. Yeux profonds et un i)eu cernés. Air dur et volontaire. (Le corsage et la camisole peuvent être .reuîplaet's par un caracii <le iniancr foncée.'

>:NE PREiMIERK

TOlNEppfT. — GlKîmisette de toile claire, doul les manches soûl courtes. JF^liu de couleur sur les éjjaules. Jiiiie de laine foncée, trop courte. Mauvais jupon de dessous. Foulard .sur la tête, noué en liointe. Bas gris. Petits sabots, ou (cliaussures grossières.) Mine cliélive. Très toucliante, malgré son air rustique. Gestes donfaut timide f'I craintif, souvent rudoyé.

DENISE. — Tenue de villageoise endimanchée. Cksrsage de coton, à basques, de nuance claire. Jupe de laine foncée, à fronces. Petit la- ))lier fantaisie. Sur les épaules, flcliu blanc à dentelles, genre Marie - Antoinette. Au cou, ruban de velours noir, lias clairs. Bottines à demi neuves. Elle est en cheveux. A son arrivée, elle porte une longue mante avec capuchon. Air confiant et bon. Tournure un peu gauche. Aspect d'une jeune fllle élevée moitié à la ville, moitié à la campagne. En parlant, elle ne fai'. jias toutes les liaisons. Son langage est plus correct que celui des autres personnages. Ceux-ci i)rononcent certains mots à la manière des paysans ignorants et ne font aucune liaison. Uondrin et l'.ervaise prennent souvent des lemiis en parlant.

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