‹ La gestion administrative: étude théorique de droit administratifChapitre 3 sur 7 · II AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

II AVERTISSEMENT

bien mieux, par le régime électoral nous contribuons à constituer leurs éléments organiques. Comment qualifier cette union étroite entre des êtres, cet échange de services, si ce n'est du nom de société?

Certes, on prend par là le contrepied du paradoxe économique qui considère les gouvernement et les administrations comme des organes improductifs et parasitaires, comme des formes redoutables de l'exploitation de l'homme par l'homme. Mais on est revenu depuis longtemps de ce paradoxe. Vrai, peut-être, des administrations rudimentaires ou de celles qui suivent les annexions violentes et les colonisations lointaines, il ne l'est point des administrations des grands États modernes. Elles ont leurs imperfections, mais dans l'ensemble elles sont orientées vers le bien public, par conséquent, leurs efforts convergent avec ceux des administrés et de cette action parallèle il peut naître une société. D'ailleurs, si cette société paisible ne s'était pas établie, si l'administration avait conservé l'attitude d'un oppresseur et l'administré celle d'un réfractaire, comment les services publics auraient-ils pu s'étendre continuellement, aborder des opérations de plus en plus délicates dont l'exécution régulière demande la bonne volonté de l'administré autant que celle du fonctionnaire?

Nul doute donc qu'elle n'existe cette société entre les administrés et l'être moral administratif et qu'elle ne devienne de jour en jour plus intime; nul doute qu'elle ne tende à constituer la base des droits réciproques de la puissance publique et des citoyens qui, à d'autres époques, ont pu se réclamer d'autres fondements. Toutefois, pour faire entrer d'une façon profitable cette idée dans la

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