LA MORT INUTILE
A Grégoire le Roy.
Curœ non ipsa in morte relinquunt .
Publius Vergilius Maro.
Triste comme la mér et la chanson des syrtes, Le vent lourd de sanglots pleure dans la forêt ; Un troupeau d'ombres va, parait, et disparaît Par les bois souterrains et les bosquets de myrtes.
Défaillant dans V horreur d'un ciel ensanglanté, Le soleil infernal baigne le pâle espace ; Un troupeau d'ombres vient, revient, passe et repasse En sa mélancolique et tremblante clarté ;
Et ce sont à travers les routes d'asphodèle Les fantômes hagards, pleins de larmes et lents Dont les glaives d'amour ont déchiré les flancs : La mort na point fermé leur blessure immortelle,
Le sommeil sépulcral a leurré leurs yeux las Et Vâpre souvenir survivant à la tombe Tel qu'un vin corrosif, goutte par goutte, tombe Dans leur cœur ulcéré qui ne guérira pas.