‹ La Gloire du verbe, 1885-1890Chapitre 25 sur 34 · PETITS PAYSAGES · texte numérisé non relu

PETITS PAYSAGES

A Urbain Derbanne.

Une écume de fleurs, blanche et rosé, s'étale Sur la mer onduleuse et mouvante des prés Oh ruisselle le flot des trèfles empourprés. Tandis que montent vers la nue orientale Le meuglement des bœufs et la rumeur des blés.

n8 La Gloire du Verbe

Le souffle langoureux des brises musicales Chante dans les sainfoins en fleurs un hymne lent Tandis que sous les rais du soleil aveuglant Une fuite éperdue et grise de cigales S'enlève et vibre, au ras de V herbe, en sautelant.

Maya up

L équipe de pécheurs tire la grande senne

A basse mer, avant les vagîtes et le flux ;

Et nul des rudes gars nest manchot ni perclus,

Mais V effort fait saillir et gonfler leur chair saine

Et les veines des bras mus cul eux et velus.

120 La Gloire du Verbt

Le soleil tombe et des grappes de lilas sombre Fleurissent la forêt marine oh Télhys dort Sous un voile de pourpre aux filigranes d'or Que trempe dans le sang de la clarté qui sombre L invisible ouvrier du fabuleux décor.

Maya

Le ciel est gris comme une aile de tourterelle Que teinterait un peu de rose veiné d'or ; Là-bas, le cap lointain dont la mâchoire mord L'horizon sombre est las de sa longue querelle Et la brume a brisé les dents du monstre mort.

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