‹ La glossologie: essai sur la science expérimentale du langageChapitre 30 sur 30 · Le ièhuelche^ langue des Patagons, au sud du précédent · texte numérisé non relu

Le ièhuelche^ langue des Patagons, au sud du précédent

24. Les différents idiomes de la Terre-de-Feu et des lies avoi* sinantes.

25. Le chibcha^ de l'autre cdté des Andes, dans la Colombie ou Nouvelle-Grenade, jusqu*aux environs de Santa-Féde Bogota.

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groupe se trouve le latin^ Vosque, Y ombrien^ etc. Dans le second les sept langues romanes, italien^ espagnol j portugais ^ provençal^ français^ ladin et roumain.

La branche celtique se divise aussi en deux groupes* Le gaélique ou gadhéllque qui comprend trois idiomes : YirlandaiSt Y erse et le mannois. Le groupe breton ou kimrique, comprend le gallois^ le comique^ le breton^ le gaulois.

La branche germanique se divise en quatre rameaux distincts : le gothique, les langues scemdinaves^ le bas allemaTid^ le haut allemand. Les langues Scandinaves comprennent Tancien nordique^ Yislandais^ le norwégien^ le suédois^ le danois. Le bas allemand comprend d'abord le saxon et le frison; Yanglosiujcon et Ya^iglais ; le vieu^œ saooon^ le bas allemand proprement dit, le néerlandais f le hollandais et le flamand. L'ancien haut allemand se divise en trois dialectes principaux qui se subdivisent eux-mêmes en un assez grand nombre de dialectes moins importants. Ce sont les dialectes : franc ^ Yalaman souabe et Yaustro^avarois. On le divise encore en vieux haut allemand ou tudesque» mx)yen haut allematid et allemand m^oderfie.

lA branche slave se divise aussi en deux rameaux : branche du sud-est, branche de Touest. La première comprend le Russe Crusse^ ruthène^ russe blanc)^ bulgare (slave liturgique et bulgare) et serbo-slovène (croato-serbe et Slovène). La branche de l'ouest comprend le tchèque et slovaque^ le polonais, le serbe de Lusace ou Sorbe et le Polabe.

Enfin, la branche lettique comprend le vieux prussien, le lithuanien et le lette.

Nous ne pouvons plus nous attarder dans cette énumération ; je vous renvoie, du reste, au savant et substantiel ouvrage de M. Abel Hovelacque. « La linguistique i où j'ai pris la plupart de ces renseignements, ainsi qu'à ceux de M. Frédéric Muller déjà cités. En ce qui concerne plus particulièrement les langues agglutinantes, je dois vous renvoyer aussi aux remarquables travaux de M. Julien Vinson.

C'est surtout pour les langues agglutinantes, si nombreuses et si variées, qu'il y a le plus à faire. Nous savons parfaitement bien qu'elles appartiennent toutes à la forme agglomérante ou agglutinante, mais nous ignorons absolument d'autres particularités qui seraient peutrétre plus essentielles encore pour connaître leurs différents degrés de développement.

CHOROLOaiB LINeVtmQUK SSI

Les missionnaires et les voyageurs, dont le zèle et le dévouement est grand, et auxquels nous devons être reconnaissants des renseignements qu'ils nous apportent, se laissent souvent influencer par des analogies factices et par des apparences quelquefois trompeuses. C'est ainsi que Ton fabrique des gramn maires à n*en plus finir des langues les plus inférieures, sans tenir compte souvent, que nous ne faisons ainsi autre chose que prêter à ces langues le développement de celles que nous parlons. Il serait à souhaiter que la vulgarisation des connaissances glossologiques permit à tous ceux qui entreprennent les explorations et les voyages scientifiques, de pouvoir prendre des notes plus méthodiques, et d'observer les phénomènes linguistiques avec une plus grande compétance dans le sujet. C'est alors qu'ils ren* draient les plus grands services à l'anthropologie et à retiina* graphie.

Une chorologîe linguistique est absolument nécessaire à nos travaux. Il ne suffit pas de connaître les degrés de parenté des différentes langues entre elles et l'irréductibilité des groupes et des familles ; c'est déjà un grand pas, sans doute, mais ce n'est pas tout ; et cela seul ne servirait pas à grand'chose. Il faut arriver à connaître par le langage, d'une manière méthodique, les différents degrés des développement intellectuel des peuples, et apporter alors à la psychologie expérimentale le concours qu'elle est en droit d'attendre des travaux glossologiques.

Il &ut aussi arriver à pouvoir déterminer l'importance des différentes influences et des différents facteurs de l'évolution linguistique : influences organiques, du milieu, climatériques et historiques, qui toutes ont contribué certainement à constituer les langues telles que nous les observons. De cette description sommaire et rapide que je viens de faire des langues connues et parlées par les peuples les plus divers, la première considération qui vient à notre esprit (et certes je ne les ai pas toutes nommées) est celle de l'immense variété du langage de notre espèce. On recule épouvanté à la seule idée d'avoir à les examiner et à les étudier les unes après les autres pour pouvoir établir des jugements sérieux et valables. La variété morphologique du langage humain est considérable mais comme je vous le disais en commençant, cette variété était bien plus grande encore dans les temps préhistoriques, aux débuts de la formation des langues.

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On peuty en effet, établir facilement en allant du nord an sud et du sud au nord les différences caractéristiques des langues par* lées dans chaque contrée qui s*y sont formées ou développées.

Ainsi, selon MM. d'Assier et Pâuthier, tout idiome qui n*a pas d'aspirées doit naître et se développer dans une région voisine de réquateur ou qui en ressente toutes les influences ; tandis que tout idiome qui a beaucoup d*aspirées, doit naitre et se développer dans des régions tempérées ; comme tout idiome où les gutturales dominent, doit naitre et se développer dans des régions voisines des pôles. Dans les régions équatoriales, les voyelles ouvertes ou sonores dominent, tandis que dans les régions polaires ce sont les voyelles fermées ou sourdes, et, dans les régions tempérées, les voyelles intermédiaires ; daùs les premières elles sont fréquentes, dans les secondes elles sont rares.^ On peut observer ces mêmes phénomènes dans ce que nous pouvons appeler Tacclimatation historique des langues. Et les influences climatériques se montrent dans le langage, aussi bien en raison de la latitude qu*en raison de Taltitude. Les dialectes des montagnards de la Péninsule hellénique, par exemple, contrastent d*une manière frappante, par leur rudesse, avec la douceur de la langue parlée à Corintbe ou à Athènes, et le langage des pâtres des Alpes suisses n*est pas tout i fait la même chose que Tallemand qu'on parle dans les plaines de la Baltique.

Le milieu a exercé et exerce toujours aussi son influence dans la formation et le développement des idiomes. Le genre de vie» les occupations, les habitudes, les relations, déterminent à leur tour des modifications importantes. L'habitant des hautes montagnes vit peu en société d'hommes et beaucoup plus avec la nature ; son langage est ainsi moins un dialogue avec ses semblables, qu'une suite non interrompue de cris aigus, de menaces adressées au bêtes de son troupeau ; de là les sons rauques, durs de leurs dialectes, tandis que les habitants des villes, dont les habitudes sont différentes, parlant presque à mi-voix dans les causeries journalières se dépouillent, sans le vouloir même, des aspérités que peut avoir leur idiome.

Viennent après les influences historiques, les migrations, les découvertes, les institutions, les religions, les arts, les littéra*

* A. d'Assier, op, cit.

CHOROLOQIE LINGUISTIQUE Sfê

tures; phénomènes dont il faut tenir compte, car ils ont leur part aussi dans la formation et le développement des langues.

Cette variété morphologique du langage n'infirme nullement Funité physiologique que je me suis attaché à vous montrer dans le cours de cette première partie de notre travail. Diversité de langues, multiplicité des formes, mais unité dans la faculté du langage^ du domaine comme toutes les autres facultés humaines, des lois générales de la biologie.

Cette base me parait la plus solide de toutes et le meilleur point de départ que nous puissions prendre pour nos études et nos recherches postérieures.

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