‹ La Glycémie dans l'Insuffisance HépatiqueChapitre 8 sur 9 · ARGUMENTS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ARGUMENTS PHYSIOLOGIQUES

cette fonction a pour origine le pancréas.

{ i = L'on sait qu’en extirpant le pancréas d’un animal,

on constate un phénomène hépatique du plus haut intérêt : la suspension de la fonction glycogénique du foie. Ce foïe, normal, auquel l'opération ma pas touché, est devenu incapable de métaboliser le glucose. Et seule, la restauration de la sécrétion pancréatique (greffe, injections d'insuline) rendra au foie la possibilité de reprendre sa fonction sucrée.

Ces constatations prouvent non que la fonction glycogénique du foie ne soit pas altérée, mais un fait d’une importance capitale : |

Bien qu’elle ait pour siège la cellule hépatique.

HI) ARGUMENTS EXPÉRIMENTAU X

Il existe d’ailleurs une troisième raison de faire sortir définitivement les hyperglycémies sous toutes leurs formes du cadre de l'insuffisance hépatiaue : c’est que, lorsqu'indépendamment de toute lésion du

Ù pancréas, la cellule hépatique seule est altérée, les

troubles de la glycorégulation se traduisent non par de l'hyper mais par de l'hypoglycémie. |

Trois séries de recherches ont été effectuées par les physiologistes en vue de réaliser des insuffisances

hépatiques plus ou moins complètes :

= ve xclusion du foie; — L'hépatectomie partielle ou totale;

y destruction de la glande Poivaie par les

| toxiques.

A) Après lexelusion du foie par la fistule d’Ecx, PAuLOwW, puis ROSEMBERG, ont constaté une hypoglycémie progressive, cause principale de la mort des animaux. Des perfusions de sérum glucosé permettent une survie relative.

B) Mêmes résultats après hépatectomies : Manx et. MaAGaATH, chez tous les animaux en expérience, obser-

vent la chute rapide et croissante de la glycémie : 0 gr. 80, 0 gr. 60, 0 gr. 40 et même 0 gr. 20.

La mort s’observe en 6 à 7 heures. Des perfusions

* . 7.4 Ÿ sucrées permettent une survie de 18 à 20 heures.

C) Enfin, lorsqu'on provoque la nécrose du foie par les injections d’acide acétique, de chloroforme, de tétrachlorure de carbone, faites par la veine porte, ou l'artère hépatique, l’on constate régulièrement de l'hypoglycémi e.

A ces différentes expériences, l’on peut objecter que la chute du sucre sanguin est due à la sécrétion insulinienne du pancréas laissé en place. Il n’en est rien : les résultats sont identiques chez des animaux hépatectomisés et dépancréatés, que l’hépatectomie soit effectuée parallèlement à l’ablation du pancréas, Où sur un animal déjà dépancréaté, et donc. en état de diabète intense.

Rappelons d’autre part que le seul ou de la sécrétion d'insuline est. l'augmentation du taux du sucre sanguin, que le fonctionnement endocrinien du pancréas est intermittent «et ne se déclenche que sous l’influence des poussées d’hyperglycémie ; : celles-ci

ne s’observent évidemment pas chez un chien hépa- tectomisé.…. |

On voit donc que l'insuffisance pancréatique crée lhyperglycémie et que linsuffisance “hépatique en-

gendre l’hypoglycémie. Re LUEX

A côté des cas expérimentaux, il existe des cas cli-

niques, assez rares d’ailleurs, d'insuffisance hépatique où se retrouve cette hypoglycémie. Cette rareté s’explique par la rareté d’une atteinte exclusive du foie.

Le pancréas est en effet bien souvent touché par processus toxique ou infectieux qui lèse le foie.

Le fait est pour ainsi dire la règle au cours des

£, ‘insuffisances chroniques. Dans les cirrhoses, en effet, il faut cesser de voir uniquement une maladie du foie, mais les considérer comme une affection de tout

le système splanchnique, rate et pancréas principale-

ment. Il existe cependant des cas d’hépatite paren-

chymateuse chronique pure : H. Moomr, O’FARREL ct HÉpox publient le cas d’une femme de 40 ans présentant une cirrhose et dont le pancréas fut trouvé abso- Jument normal à l’autopsie ; or la mort fut causée chez elle par un coma hypoglycémique. Re Par ailleurs, J. Mixer, H. WAREMBOURG et LINQUETTE rapportent l'observation d’une femme porteuse d’une hépatomégalie chronique, présentant des poussées d’hypoglycémie qu'ils rapportent à une origine hépatique. |

Au cours des insuffisances hépatiques aiguës, ou plutôt suraiguës, la clinique se rapproche beaucoup

plus des données du laboratoire.

Dans sa thèse sur les hépatonéphrites, J. VAGUE rapporte un certain nombre d'observations où l’hypo- glycémie est particulièrement nette.

« … Il est des hépatonéphrites avec insuffisance

hépatique grave dans lesquelles Fazotémie est peu

élevée et l'azote résiduel considérable, qui se caractérisent par une glycémie très basse, et dont la diminution est progressive jusqu’à la fin. Il en est ainsi dans la fièvre jaune (WAKEMAN et MOREL) dès le 2° jour des

cas mortels d’atrophie jaune aiguë (SHRUMPFF) et

dans la plupart des hépato-néphrites dégénératives et nécrotiques.. »

x Dans la diphtérie maligne, s’accompagnant d’une hépatomégalie précoce, de défaillance cardiaque, c’est peut-être au foie qu’il convient de rapporter Jhypoglycémie signalée par M. LEREBOULLET.

Dans l'intoxication forgique qui, on le sait, retentit si souvent sur le foie, les auteurs allémands ont montré la fréquence de l’hypoglycémie, d’où certaines

conclusions thérapeutiques. Au cours des accidents de !

l'intoxication Piaspiaree, la glycémie ne tarde pas à baisser.

Enfin Parnas et WAGNER signalent qu’au cours de

lumeurs hépatiques étendues, la glycémie est fréquemment abaissée.

A tous ces faits, relativement rares, s'opposent apparemment les nombreux cas d’hépatites aiguës du type de l’ictère catarrhal ou de l’ictère infectieux; ici en effet, si la glycorégulation est parfois troubléé, c’est dans le sens de l’hyperglycémie. Mais dans ces cas, le pancréas est atteint en même temps que le foie. | | CURE

fout os

M. le Professeur CARNOT n’a-t-il pas longtemps sou-

tenu l'hypothèse d’une angio-hépatite et d’une angiopancréatite dans l'ictère catarrhal?

MM. LOEPER et ErriNGER affirment également la fréquence d’une atteinte DÉS au cours de ces “ictères infectieux.

> D'ailleurs, en Flabsence d’altérations macroscopiques ou même histologiques du système Langhé- ransien, il faut se souvenir que même dans le diabète vrai, les lésions sont très souvent indécelables et que l'insuffisance sécrétoire n’a pas forcément pour substratum une altération de l'appareil endocrinien accessible à nos moyens d'investigation.

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