XIV
G. — Animaux curarisés.
a) Ligature.
b) Ponction.
c) Par la veine jugulaire.
CINQUIÈME LEÇON
Il résulte de ces expériences que chez les animaux anesthésiés par le chloroforme ou la morphine, ainsi que chez les animaux curarisés, la différence de la proportion de sucre dans le sang qui entre dans le foie et celui qui en sort est parfois faible, et cela surtout chez les animaux qui sont sous l’influence du chloroforme et du curare. Cette différence ne dépasse quelquefois pas 0,02 à 0,03 gramme. Dans d’autres essais cette différence est considérable et l’excès de sucre dans le sang des veines sus-hépatiques atteint 0,08 à 0,12 gramme, égalant ainsi la différence moyenne que nous ont donnée les nombreuses expériences que nous avons faites sur les animaux non intoxiqués. Dans la narcose par la morphine nous avons bien eu l’occasion de constater la diminution d’activité de la glycogénie hépatique, mais le fait paraît relativement rare, car chez la plupart des animaux anesthésiés par la morphine, la proportion de sucre dans le sang des veines sus-hépatiques était aussi grande que chez les animaux non anesthésiés. Les animaux qui ont servi aux expériences ci-dessus étaient soumis à l’anesthésie complète avant les opérations nécessitées par l’extraction du sang et restaient immobiles pendant toute la durée de celles-ci. Si donc, malgré tout, on a constaté dans quelques expériences, spécialement sous l’influence de la morphine, un très grand excès de sucre dans les veines sus-hépatiques, il est démontré par cela même que l’accroissement du sucre n’a rien à faire avec la résistance opposée par les animaux, et inversement que la faible augmentation constatée dans l’anesthésie chloroformique ne saurait être rapportée à l’immobilité. Le résultat de nos expériences ne donne donc lieu qu’à cette seule interprétation, que par suite de P anesthésie ou de la curarisation , P activité de la glycogénie hépatique est diminuée. Cette interprétation n’est pas en désaccord avec l’apparition exceptionnelle, malgré l’anesthésie, d’un excès considérable de sucre dans le sang des veines sus-hépatiques.
Les animaux, même lorsqu’ils appartiennent à la même espèce, réagissent d’une manière infîniniment variable contre les narcotiques; cette différence ressort déjà avec une netteté extrême dans les fonctions les plus faciles à contrôler; un
grand nombre d’animaux anesthésiés ou curarisés ne sécrètent pas une goutte d’urine pendant de longues heures, tandis que chez d’autres cette fonction n’est pas influencée du tout. Par induction il est permis de supposer que l’action du poison sur la fonction glycogénique du foie diffère selon les individus.
SIXIÈME LEÇON