D’ABELES. OBJECTIONS FORMULÉES CONTRE LA VALEUR DES FAITS
PROUVANT QUE LE SANG SE CHARGE DE SUCRE DANS SON PASSAGE A TRAVERS LE FOIE. DISCUSSION DE CES OBJECTIONS.
Si vous examinez attentivement la série des expériences exposées dans la leçon précédente, vous reconnaîtrez que ce n’est pas à la légère que j’ai conclu : que la glycogénie est une fonction normale du foie. Ce que Cl. Bernard avait pressenti avec l’intuition du génie, j’ai cherché par des essais nombreux et pénibles à l’établir solidement, en rendant toute objection impossible. Dans les expériences que j’ai faites en commun avec Kratschmer, j’ai démontré que, chez les animaux vivants appartenant à diverses classes, le sucre forme un élément normal du foie. Nous avons employé des méthodes qui excluent toute perte de temps entre le moment de l’extraction du foie et son immersion dans l’eau bouillante, et la quantité de sucre que nous avons trouvée a été si uniforme et si considérable qu’il ne pouvait être question d’une formation cadavérique de ce sucre pendant les quelques minutes qui ont suivi l’extraction du foie. Mais je ne me contentai pas de ce résultat, et je démontrai expérimentalement que si la glycogénie continue après la mort, c’est que la fonction de la cellule hépatique persiste tant que vit cette cellule ; je réussis en effet à accroître la production de sucre et des autres hydrates de carbone en entretenant la vie dans les cellules au moyen de sang artériel. De plus par mes dosages de sucre dans le sang qui arrive au foie et dans celui qui en part, j’ai démontré que
le sucre formé dans le foie passe sans interruption dans le sang'. J’ai fait ces expériences par trois méthodes différentes ; mais elles avaient cela de commun, que l’on recueillait séparément les deux sortes de sang; quoique la gravité de l’opération différât selon le procédé, le résultat ne varia pas, et l’on trouva toujours le sang plus riche à sa sortie du foie qu’à son entrée. Ces expériences étaient pratiquées sur des animaux nourris très diversement ou même soumis à un jeûne de huit à dix jours. Le résultat fut toujours le même. Le sang des veines sus-hépatiques chez l’animal presque mort d’inanition renfermait le même excédent de sucre que celui pris sur des animaux nourris abondamment avec de la viande, de la graisse ou des hydrates de carbone ; il était ainsi démontré que le sucre , dont le sang se charge en traversant le foie , ne vient pas des aliments.
Les preuves de la glycogénie hépatique ressortent si nombreuses et si variées de mes expériences que je considère cette fonction physiologique comme irrévocablement établie; je laisse à mes contradicteurs le soin de prouver l’inanité de mes expériences ou de faire voir d’où vient le sucre dont la présence dans le sang ne peut plus être niée même par eux. Néanmoins je tiens à faire connaître les travaux d’autres expérimentateurs qui se sont ralliés, quoique avec réserve, à la théorie de la glycogénie hépatique, ou qui ont apporté des preuves de sa justesse et sont arrivés malgré cela à des résultats contradictoires, parce qu’ils étaient encore sous le charme des idées de Pavy.
Le travail le meilleur et le plus ancien qu’il convient de citer ici est celui de Bock et Hoffmann (1). Ces expérimentateurs se servirent de lapins. Après s’être assurés par de nombreux essais que le sang renferme constamment du sucre, dans la proportion de 0,07 à 0,1 p. 100, ils se demandèrent si ce sucre venait du foie et ils cherchèrent à obtenir la solution de cette question en isolant le foie de la circulation. La ligature de la veine porte seule n’avait aucune influence sur la proportion de sucre contenue dans le sang du cœur, mais après isolement du
(1) G. Bock u. F. Hoffmann, Experiment. Stuclien uber Diabètes. Berlin,
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foie, par un procédé ou un autre, la quantité de sucre dimra nuait rapidement dans le sang; chez des animaux qui survécurent trente minutes à l’opération, la proportion n’était plus que de 0,02 p. 100, et lorsque la survie était de quarante minutes, le sang du cœur ne renfermait plus de trace de sucre. Dans la pensée que le sucre d’alimentation pouvait être amené dans le sang par le chyle, Bock et Hoffmann liaient en même temps le canal thoracique. Selon eux, le sucre contenu dans le sang du lapin a une double origine, le foie et le chyle. Pour démontrer que le sucre vient exclusivement du foie, il aurait fallu établir que le sang des animaux renferme du sucre même par une alimentation animale et que chez eux le sucre disparaît du sang après isolement du foie. Pour divers motifs qu’ils énumèrent Bock et Hoffmann ne purent entreprendre des expériences de cette nature.
Des expériences plus récentes de von Mering ont prouvé que le sucre des aliments ne pénètre pas dans les chylifères; il en résulte que les expériences de Bock et Hoffmann gardent toute leur valeur en ce qui concerne la glycogénie hépatique. Bock et Hoffmann pressentaient même la grande importance, pour l’économie, de la présence du sucre dans le sang; ils firent des dosages du sucre dans le sang de l’homme et, s’appuyant sur les résultats donnés par leurs expériences d’isolement du foie quant au temps nécessaire pour la disparition de quantités données de sucre, ils calculèrent qu’un homme bien portant consomme par jour 100 à 200 grammes de sucre du sang; et plus loin ils disent : « Quoique nous ne connaissions pas le rôle que ce sucre joue dans l’économie, son importance nous paraît certaine. »
Je dois maintenant mentionner deux travaux exécutés à l’institut physiologique de C. Ludwig, tous deux très riches en faits d’une haute valeur et fournissant des preuves importantes de la glycogénie hépatique, malgré l’interprétation absolument opposée qui en fut donnée sous l’influence des idées alors dominantes. Yon Mering (1) a fait, sur des animaux soumis au jeûne, trois analyses comparatives du sang de la carotide et de
(1) Yon Mering, Ueber die Abzugswege des Znckers aus dem Darmkanal. Bu Bois-Reymond' s Archiv, 1875.
Seegen.
celui des veines sus-hépatiques, après s’être préalablement assuré que le sang de la carotide et celui de la veine porte renfermaient la même quantité de sucre. Dans deux de ces expériences sur trois, nos XY et XYI, on recueillait le sang de la carotide, après avoir isolé le foie de la circulation. Dans la troisième expérience, n° XVII, le foie resta en rapport avec la circulation générale. La proportion de sucre fut trouvée à peu près égale dans les deux sangs. Yon Mering pense pouvoir conclure de ces expériences que, chez l’animal qui jeûne, le sang qui arrive au foie et celui qui en sort ne diffèrent pas, quant à la proportion de sucre, du sang pris dans n’importe quelle autre partie du corps. Cette conclusion n’est pas fondée, du moins en ce qui concerne les deux premières expériences, et même la seconde expérience prouverait plutôt que le sucre contenu dans le sang artériel est originaire du foie, car le sang pris dans la carotide, après ligature des veines sus-hépatiques, renfermait beaucoup moins de sucre que le sang prélevé avant la ligature. Ce dernier échantillon renfermait 0,29 p. 100 de sucre, tandis que l’autre n’en contenait que 0,19 p. 100. Quoi qu’il en soit, le nombre des expériences n’était pas suffisant pour permettre de formuler une conclusion positive sur une question de cette importance; du reste, comme je le ferai voir plus tard, j’ai constaté que la proportion de sucre du sang artériel se trouve essentiellement modifiée par la ligature de la veine cave dans l’abdomen, même sans isolement du foie. Chez des animaux qui étaient nourris avec du sucre, von Mering a fait deux expériences comparatives sur le sang de la veine porte, des veines sus-hépatiques et de la carotide. 11 trouva le sang de la veine porte très riche en sucre, le sang des veines sus-hépatiques moins riche ; mais dans ces expériences il recueillait le sang des veines sus-hépatiques par une canule introduite dans la jugulaire, et il avoue qu’il ne possédait aucune garantie de la pureté de ce sang. Il y a lieu aussi de remarquer que les effusions de sang furent très considérables ; ainsi à un même animal on tira successivement 250 centimètres cubes de sang veineux hépatique, puis 360 centimètres cubes de sang veineux-porte, et dix minutes après 400 centimètres
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cubes de sang carotidien; il est donc permis de supposer que l’accroissement du sucre dans le sang recueilli en dernier lieu tient aux pertes de sang précédentes, comme l’avait observé Cl. Bernard et comme l’a établi von Mering par des expériences directes instituées ad hoc.
Cependant ces expériences de von Mering ne furent ni assez nombreuses ni assez appropriées au but proposé pour fournir une solution de la question en litige; l’observation suivante du même physiologiste est bien plus fondée. Il a constaté, chez des lapins soumis au jeûne et dont le foie ne contenait pas de glycogène, la présence de sucre en abondance dans le sang carotidien; il a vu en outre que la proportion de sucre dans le chyle présente les mêmes moyennes chez des chiens ayant jeûné depuis cinq jours et chez un chien nourri avec de la fécule et du sucre. Comme, par le jeûne, la quantité de glycogène hépatique diminue, et même disparaît entièrement, du moins chez le lapin, von Mering se croit autorisé à conclure « que le sang est saccharifère sans la participation du foie. » Pour moi, ce fait que j’ai souvent constaté dans de nombreuses expériences, ainsi que Bock et Hoffmann, prouve simplement « que la présence du sucre dans le sang ne dépend pas de la quantité de glycogène contenue dans le foie », que le sucre en conséquence dérive d'une autre substance.
Pour arriver à la solution de cette question, Bleile (1) a entrepris des analyses comparatives du sang entrant dans le foie et de celui qui en sort sur six animaux nourris avec du sucre et de la dextrine. Dans deux des expériences le sang des veines sus-hépatiques fut recueilli par la méthode de Cl. Bernard, c’est-à-dire directement par la veine-cave non obturée, dans les quatre autres après obturation de la veine cave par le procédé de von Mering. Dans les deux premières expériences le sang de la veine porte fut trouvé plus riche en sucre que le prétendu sang veineux hépatique.
Expér. I. Sang de la veine porte 0.307 Sang des veines sus-hépatiques 0.287
(1) Bleile, Ueber den Zuckergehcilt des Blutes. Du Bois-Reymond' s Archiv,
Dans les quatre autres analyses faites sur du sang- des veines sus-hépatiques pur, les proportions furent les suivantes :
Expér. III. Sang de la veine porte 0.355 Sang des veines sus-hépatiques 0.385
Le sang des veines sus-hépatiques était donc notablement plus riche en sucre. « La proportion moyenne pour 100 de sucre pour les deux premières analyses avec veine cave ouverte est pour le sang de la veine porte 0,380, pour le sang des veines sus-hépatiques 0,309.
« Pour les quatre analyses comparatives, dans lesquelles on a opéré sur du sang hépatique pur, la proportion moyenne pour 100 de sucre est : dans le sérum de la veine porte 0,285 et dans le sérum de la veine sus-hépatique 0,334 ». Bleile continue ainsi : « Il y a donc une grande différence entre les analyses selon que le sang de la veine cave inférieure a pu ou n’a pas pu venir se mélanger avec le sang du foie; dans les premières c’est le sang de la veine porte, dans les dernières c’est le sang des veines sus-hépatiques qui renferme plus de sucre. Si ce n’est pas là un simple effet du hasard, il faut rechercher une autre explication. L’excès de sucre dans le sang de la veine porte, dans le cas où la veine cave n’avait pas été liée, pouvait s' expliquer par exemple par le mélange d'un sang plus pauvre en sucre avec le sang des veines sus-hépatiques , comme, d’autre part, on pouvait attribuer l’excès de sucre des veines sus-hépatiques, dans la seconde série d’expériences, à des troubles de la circulation, aux man.œuvres nécessaires pour isoler le sang des veines sus-hépatiques. C’est grâce à ces troubles, ajouteronsnous, qu’une partie du glycogène accumulé dans le foie aura pu se transformer en sucre qui se sera mélangé avec le sang hépatique. De nouvelles recherches sont nécessaires pour établir laquelle de ces deux causes expliquera le mieux les faits »... « On aurait tort, dit l’auteur plus loin, à cause des points douteux que nous avons signalés, de ne tenir aucun compte des résultats donnés par ces six expériences. » On pouvait s’attendre que Bleile, fort des résultats obtenus dans les cas
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où il opérait sur du sang hépatique pur, en aurait tiré cette conséquence naturelle que le sucre dont le sang s’est chargé dans le foie s’était formé normalement dans cet organe, ou du moins que, dominé par le doute exprimé plus haut, il eût laissé en suspens tout jugement définitif, jusqu’à ce que les doutes fussent levés par d’autres expériences dans un sens ou dans l’autre. Au lieu de cela, il arrive à cette conclusion surprenante « que le foie n’a pas influé dans une mesure appréciable ni sur la diminution ni sur l’augmentation de la quantité de sucre apportée par le sang de la veine porte. » (!)
C’est moi qui ai mis à exécution les nouvelles recherches demandées. J’ai montré que le sucre du foie, donc le sucre que le sang entraîne hors du foie, ne dérive pas du glycogène; je me suis procuré du. sang hépatique pur par trois méthodes différentes, dont deux, l’introduction d’une sonde dans l’une des veines sus-hépatiques et la ponction d’une de ces veines, n’influencent pas ou n’influencent guère la circulation hépatique; j’ai constaté, en expérimentant sur des animaux ayant jeûné ou soumis à une alimentation telle que le glycogène disparaisse du foie ou du moins y soit peu abondant, j’ai constaté, dis-je, que dans ces cas le sang venant du foie renferme notablement plus de sucre que chez les animaux nourris avec de la dextrine ou du sucre et chez lesquels la quantité de glycogène hépatique dépassait 10 p. 100. L’excédent de sucre dans le sang, au sortir du foie, dépassait 90 p. 100, lorsque les animaux avaient jeûné ou avaient été nourris avec de la viande et de la graisse, tandis qu’il n’était que de 20 p. 100 environ lorsque la nourriture avait consisté en dextrine et en sucre. Cet accroissement plus faible n’est qu’apparent ; il exprime simplement la différence des proportions de sucre contenues dans le sang de la veine porte et le sang des veines sus-hépatiques. Mais comme, ainsi que l’a du reste constaté Bleile, dans l’alimentation par la dextrine et le sucre, une partie du sucre que la veine porte amène au foie est retenue par cet organe, il devient évident que la quantité de sucre reçue par le foie dépasse le chiffre indiquant la différence des proportions de sucre contenues dans les deux sangs, d’autant plus qu’une portion
du sucre entraîné hors du foie compense la portion de sucre alimentaire que le foie retient sous forme de glycogène. Les différences trouvées par moi concordent absolument avec celles qu’ont données à Bleile les quatre expériences dans lesquelles la veine cave était obturée. C’est pourquoi ces expériences prouvent pleinement, àmon avis, la glycogénie hépatique (1 ).
Abeles (2), dans une série nombreuse d’expériences, avait trouvé du sucre dans le sang de tout l’appareil vasculaire. De
(1) Dans son ingénieux manuel de chimie physiologique, Bunge a traité en peu de mots, mais avec une grande autorité, la question de la provenance du sucre du sang. Tout d’abord il présente comme « un fait acquis » (!) : que chez l’animal qui a jeûné la teneur en sucre du sang de la veine-porte est égale à celle du sang veineux hépatique et du sang artériel ; par l’alimentation avec les hydrates de carbone, la proportion de sucre augmente dans le sang de la veine-porte, mais non dans le sang de veines sus-hépatiques. Puis il fait le raisonnement suivant : Le sucre constitue une source de forces importantes et il est nécessaire que la circulation en amène une quantité convenable dans les capillaires ; le rôle du foie consiste à empêcher que le sang ne renferme trop de sucre. Dès que, par suite de la digestion des hydrates de carbone la quantité de sucre contenue dans le sang de la veine-porte augmente, le foie emmagasine le sucre sous forme de glycogène. Dès que, au contraire, par suite de la consommation du sucre dans les organes, la proportion de sucre menace de s’abaisser au-dessous de la normale, le foie cède une partie de sa provision de sucre, et celui-ci arrive au cœur avec le sang des veines sus-hépatiques. « C’est pourquoi, dit Bunge dans une note, la proportion de sucre contenue dans le sang des veines sus-hépatiques est tantôt plus, tantôt moins élevée que dans le sang de la veine-porte. Il faut encore remarquer que, par suite de l’irritation anormale que subit le foie lors des tentatives faites pour recueillir le sang des veines sushépatiques, il peut se produire un départ de glycogène et une augmentation de la quantité de sucre contenue dans le sang des veines sus-hépatiques. » C’est là une hypothèse faite par Bleile et à laquelle cet auteur a du reste opposé une autre supposition; Bunge a choisi cette hypothèse comme donnant seule la vraie explication des faits. Quant aux recherches nouvelles que Bleile a déclarées nécessaires pour dissiper tout équivoque, Bunge ne s’en est pas préoccupé. Par cela même qu’il accorde au suère du sang une si haute importance dans l’économie, Bunge aurait dû être amené à se demander d’où vient ce sucre chez les animaux qui ont jeûné et chez ceux qui ont été nourris de graisse. Le sujet est certes trop important pour être traité aussi partialement que l’a fait Bunge, en ne prenant en considération que quelques expériences choisies à son gré, du moment surtout que ces expériences sont susceptibles d’une interprétation toute différente de celle adoptée par l’auteur.
(2) Abeles , Der physiologische Zuckergehalt des Blutes. Wiener med. Jahr bûcher, 1875.
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ses analyses comparatives du sang1 de la veine porte et de celui recueilli dans la veine cave supérieure, il avait conclu que le foie ne forme pas de sucre, parce que les deux variétés de sang renfermaient la même proportion de cet élément. Cette conclusion n’était pas fondée, car le sucre amené par les veines sus-hépatiques dans la veine cave s’y trouve dilué à un tel point que l’analyse est impuissante à le déceler. Abeles a, du reste, reconnu dans un travail plus récent (1), que ses expériences étaient entachées d’erreur, attendu qu’il ne comparait pas du sang pur extrait des veines sus-hépatiques, mais du sang pris dans le cœur ou dans la veine cave, avec celui de la veine porte. Il a donc repris ses expériences, recueilli les deux sangs d’après la méthode de von Mering modifiée par moi, puis dosé le sucre.
Le tableau suivant donne les résultats obtenus par Abeles :
d’ordre.