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CHAPITRE III

Troubles causés chez les tuberculeux par l'insuffisance hépatique

Ces troubles sont de deux sortes :

. A. — Troubles digestifs ; |

B. — Troubles de la coagulation du sang.

A. — Troubles digestifs.— De tous les organes, dit Andral, le tube digestif est certainement celui - qui, après les poumons, présente chez les phtisiques les lésions les plus communes et les plus importantes. |

On y trouve des lésions spécifiques ou bien banales de toutes les voies digestives : des lèvres, de la muqueuse - buccale, de la langue, de la luette, de l’amygdale, du pharynx, de l’æœsophage, de l'estomac et de l'intestin.

Parmi les organes les plus souvent atteints et dont les lésions occasionnent des troubles d’une grande importance, l'estomac occupe la première place. Ce dernier est, du reste, chez le phtisique, l'organe qui doit le plus préoccuper le médecin. Peter dit qu’il faut entourer. l’estomac du phtisique de « soins pieux ».. 5

Voici, d’après Marfan, ces troubles gastriques :

a) La dyspepsie commune des phtisiques, présentant les caractères suivants : appétit inégal, capri-

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cieux, diminué de plus en plus ; malaises après les repas, allant jusqu’à la douleur, crampes d'estomac, éructations fétides et acides et, parfois, régurgitations avec sensation de brûlures le long de Re ét du pharynx. | : Mais l'élément le plus important de la dyspepsie des phtisiques est la toux gastrique, toux qui semble être due au contact des aliments avec la muqueuse gastrique. C’est une toux vomitive. Le phtisique tousse parce qu’il a mangé, et vomit parce qu’il a toussé. Cette toux est plus fréquente après le repas du soir ; le phtisique ne vomit presque jamais le matin à jeun, et lorsqu'il vomit, ce sont toujours des AMQRLS non digérés. On remarque aussi de la constipation qui alterne avec une diarrhée passagère. A l'examen, on trouve un estomac dilaté, hypochlorhydrique.

La pathogénie de la dyspepsie des phtisiques, de l'insuffisance motrice et chimique de l’estomac, n est pas due à la fièvre,contrairement à ce que l’on croyait. La fièvre des phtisiques est la seule qui ne trouble pas la sécrétion gastrique. Un malade, dit Lassègue, qui mange et digère bien, tout en ayant de la fièvre, est un phtisique. C’est une dy spepsie toxique. La toux gastrique et les vomissements qui suivent après, sont dus à l’irritabilité du pneumogastrique. | b) Le syndrome gastrique initial hyperpeptique: est très souvent antérieur aux lésions pulmonaires ; c'est la dyspepsie prétuberculeuse de Bourdon. Ce syndrome gastrique prodromique diffère de la dyspepsie commune en ceci : la première présente, de l’hyperchlorhydrie ; la seconde de l'hypochlorhydrie.

On explique l hyperchlorhydrie. prodromique par action des toxines microbiennes qui agissent comme un excitant du système nerveux sécrétoire de l’estomac. D’après Klemperer, Ler phénomène primordial serait la diminution de la motricité de l'estomac ; d’où inertie et dilatation de ce dernier, suivies à leur tour d’hypersécrétion par stagnation des aliments. Plus tard l'insuffisance du suc gastrique apparaît, et la forme commune de la dyspepsie des phtisiques. prend la place de la forme précédente, hyperpeptique.

Il est encore d’autres hypothèses, à savoir que l'hyperchlorhydrie du début de la phtisie ne serait qu'une simple coïncidence, ou encore que la dys-

* pepsie prétuberculeusé serait sous la dépendance de

la chloro-anémie.

c) La gastrite terminale des phtisiques, à grosses lésions pulmonaires, se manifeste par de l’anorexie absolue, une langue rouge vif, vernissée, une diarrhée persistante, due à la gastrite et à l’entérite, par de la tuberculose de l'estomac avec des signes d’ulcus.

L'intestin des tuberculeux contient presque toujours des tubercules dans sa paroi, ce qui serait la cause fréquente de la diarrhée des phtisiques; mais, dit Laënnec, on peut observer dans la tuberculose pulmonaire une entérite vulgaire non bacillaire, due aux toxines éliminées par les glandes intestinales.

L'adénopathie tuberculeuse abdominale, à point de départ intestinal, produit des désordres dans la circulation chilifère, en empêchant l’absorbtion, et

aggravant ainsi les troubles digestifs.

B. — Troubles de la coagulation du sang. — Les artères et les veines peuvent être envahies par

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la tuberculose ; c’est ainsi que nous avons l’artérite tuberculeuse des cavernes avec la formation des. anévrismes de Rasmussen et l’endovascularite oblitérante d'Hyppolyte Martin: Dans la granulie le tubercule se développe sur les parois internes des veines périphériques, de l'artère pulmonaire et des veines pulmonaires. | :

La coagulation du sang intra-vasculaire est com-

mune chez les phtisiques à la période finale. La phlegmatia alba dolens survient souvent à la période terminale sous l'influence d’une altération primitive de l’endothélium, due-exceptionnellement au bacille de Koch, plus souvent au streptocoque ou aux microbes d’une infection secondaire. Vaquez soutient que la cachexie, modifiant la circulation et la composition du sang, favoriserait la coagulation de ce dernier. ; Dans la granülie on constate la présence du bacille de Koch dans le sang, dont la coagulation est diminuée ; dans la phtisie chronique le bacille est absent, mais l’on y trouve des microbes d'infection secondaire : le streptocoque et le pneumocoque.

D’après Hayem les modifications du sang chez les tuberculeux peuvent se présentér sous deux formes au point de vue de sa constitution anatomique et chimique : | HR

a) L’anémie symptomatique,

b) La chloro-anémie du début de la tuberculose.

Dans la phtisie chronique la masse du sang est réduite, le nombre des hématies diminué; quant à leurs dimensions, elles sont variables. La teneur du sang en hémoglobine est abaissée en raison de la

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