‹ La Glycuronurie de la GrossesseChapitre 8 sur 13 · CRI OZ · texte numérisé non relu

CRI OZ

cube d’une solution alcoolique de naphtorésorcme à 1 p. 100. Il se forme un précipité.

6° On ajoute 5 centimètres cubes de HCI : le précipité se redissout.

7° On porte 1/4 d'heure au bain marie à l’ébullition : le mélange prend une teinte noirâtre.

8° On refroidit les tubes contenant le mélange, sous un courant d’eau.

9° On ajoute 10 centimètres cubes d’éther et on agite fortement, en obturant les tubes avec le pouce revêtu d’un doiguer en caoutchouc.

Si le liquide contient de Pacide glycuronique, l’éther prend une coloration bleu violacé et donne au spectroscope une raie obscure dans la région de la raie D. S'il n’en contient pas, il devient jaune. Dans certuns cas, appréciation est plus délicate. La coloration est lie de vin, rougeâtre ou rose.

On ne sait encore si ces teintes plus rouges sont dues à l'acide glycuronique où à des corps voisins. Mais l'observation démontrant que ces teintes, ainsi obtenues, traduisent une insuffisance incomplète du foie, on peut les considérer comme indiquant Pétat fonctionnel de cet organe.

Dans nos recherches, nous avons coté la glycuronurie de o à 10, réservant 0 à la teinte jaune de la réaction négative et 10 à Ja teinte correspondant à la réaction la plus parfaite. L'œil s'exerce rapidement à coter chaque

réaction suivant que la coloration est plus ou moins

Loire

marquée, tire -plus sur le bleu ou plus sur le rouge. On pourrait, au besoin, dresser une échelle de dix colorations en dissolvant dans l’eau de dix tubes à essai des proportions variables de bleu et de rouge et en scellant ces tubes. Il suffirait alors de voir de quelle coloration de l'échelle se rapproche le plus la coloration de l'éther surnageant le liquide en expérience.

Dans les conditions normales, l’urime de l’homme renferme toujours des conjugués glycuroniques. La quantité, appréciée par lintensité de la réaction, varie avec le régime alimentaire. Elle augmente quand on ingère une forte proportion de viande. Elle diminue. sous l’influence du régime végétarien, de la diète lactée et de linanition. Quand le jeûne a été suffisamment prolongé, la réaction est parfois négative. Mais il suffit de faire ingérer un peu de camphre (o gr. 50 à 1 gr.) pour la voir réapparaître.

Nous avons vu plus haut que la production d'acide glycuronique aux dépens du glycose n’avait lieu que grace à la présence de différentes substances entrant en conjugaison avec le chaïnon aldéhydique du glycose pour bloquer sa fonction. Ce fait explique parfaitement les variations de la glycuronurie chez l’homme sain. Beaucoup de ces substances, en effet, se forment sous l’action des fermentations intestinales. Aussi, la proporlion des composés glycuroniques augmentera chez les individus soumis à un régime carné, présentant des

phénomènes intenses de putréfactions intestinales,

AE

HAT de

diminuera, au contraire, chez les individus soumis au régime végétarien ou lacto-végétarien, diminuera encore plus et pourra même disparaître dans l’inanition. Mais, qu'on administre à ces sujets aglycuronuriques o gr. 5o de camphre, la glycuronurie augmentera ou réapparaîtra, Car le camphre appartient au groupe des substances qui viennent bloquer la fonction aldéhydique du glycose.

L’acide glycuronique provient du glycose, et prend naissance dans le foie. Certains auteurs, récemment, mettant en doute l'opinion classique, ont voulu faire

provenir l'acide glycuronique des matières protéïques,

albumines, mucines ou glycoprotéides. Une expérience de Paul Mayer tend à démontrer que lopinion classique est exacte : on soumet des lapins à un jeûne prolongé. Au bout de douze jours environ, on peut admettre que le glycogène a disparu, ou du moins que la quantité en est fortement réduite. On donne du camphre à ces lapins et on constate dans l’urine une quantité minime d'acide glycuronique. Mais qu’on leur donne à la fois du camphre et du glycose, l’urine éli-

minera l’acide glycuronique en proportion normale.

C’est donc bien aux dépens du sucre que cet acide s’est formé.

L'étude des variations de la glycuronurie au cours des états physiologiques ou pathologiques n'avait pas fixé l'attention des observateurs jusqu'aux recherches de MM. Roger et Chiray. Ces auteurs constatèrent

sr 9972

d’abord que chez les sujets normaux lurine contient toujours des proportions notables de conjugués .glycuroniques, l'épreuve du camphre leur permettant, dans tous les cas, de distinguer raglycuronurie normale de l’aglycuronurie pathologique. Ils pensèrent alors que les variations de la glycuronurie permettraient d’apprécier l’état fonctionnel de la glande hépatique.

:. L'expérience confirma ce que la théorie faisait prévoir. Dans la cirrhose atrophique de Laennec la glycuronurie diminue et disparait, et l'épreuve du camphre reste négalive.

La glycuronurie est exagérée dans Pictère par rétention. Ce dernier résultat, basé sur une série de recherches cliniques et expérimentales, est en rapport avec augmentation des putréfactions intestinales. Quand, à la fin des ictères par rétention, lacide glycuronique cesse d’être produit et excrété, c’est l'indice certain d’une mort prochaine.

MM. Roger et Cluiray firent encore des recherches sur la glycuronurie des diabétiques. Ils obtinrent toujours un résultat négalif. |

De même qu'il est incapable d'utiliser le glycose pour ses besoins nutritifs, Porganisme du diabétique est incapable de le transformer en acide glycuronique pour

sa défense antitoxique .

Page 1