‹ La gommeChapitre 20 sur 59 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

MONTAGNOL, LYONNETTE, LAUTREC.

LAUTREC, en « Figaro. »

Bonjour, Montagnol. A quel bon vent votre présence?

MONTAGNOL

Je suis venu vous voir en Figaro, ce qui m'est toujours un vif plaisir, et juger de l'effet de la pièce sur le public des abonnés. Il paraît qu'il s'offense de vos impertinences ?

LAUTREC

Le monde « pscliutt » ne les aime qu'en musique.

MONTAGNOL

x\hl vous aussi vous avez le travers des mots nouveaux... Et comment le public a-t-il accueilli, aux autres représentations, le début de Thérèse Raïa dans cette comédie que Gautier

avait bien fait de laisser inédite et que votre directeur a eu l'incompréhensible idée déjouer : Mademoiselle de Maupin? — Thérèse a-t-elle eu plus de bonheur qu'à la première?

LYONNETTE

Compliments! Vous l'avez bien éreintée... Votre feuilleton sur elle était superbe ;c'estunde vos meilleurs.

LAUTREC

Un succès de plastique, voilà. Hier soir, encore, le prince de Partisane en avait les yeux hors de la tète, et le marquis de Mauvieuse en bavait.

MONTAGNOL, se tournant vers le buste.

Qu'en dis-tu, Molière?...

LYONNETTE, fredonnant.

'^ Mais il est en pierre, (( En pierre... »

MONTAGNOL

Voilà où on aboutit avec Tamour immodéré de la couleur, l'importance

exagérée du décor, le désir grossier de plaire aux regards...

LAUTREC

En tout cas on a vu regimber la ville qui selaisse si facilement prendre.

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