SCÈNE VII
RHODEL, ODEROFF, THÉRÈSE
THÉRÈSE, entrant par la porte du fond.
Qui parle d'espérance?
ODEROFF Moi! (H s'incline.)
THÉRÈSE
Vous !.. Le passé revient, le prophète s'assure que sa parole s'accomplit. Vous rappelez -vous, comme moi^ notre première rencontre? Vousavez évoqué àmapensée, Paris, ses colères de brute, ses grandeurs,ses caprices, sesgénérosités, ses crimes... ce Paris, vers qui aboutissent les chemins du monde. Votre voix, la première, m'a fait entendre la ville attirante, et vous me trouvez aux prises avec elle... Est-ce qu'elle me tuera, comme vous avez dit?
ODEROFF, à mi voix.
Etes-vous toujours aussi farouche ?
Thérèse absorbée dans le souvenir, ne répond pas. RHODEL
Vous prédisiez donc bien en sombre?
ODEROFF
Le soleil enveloppe les choses dans une vibration de lumière éclatante et les montre comme à travers
unprisme d'or et d'azur, tandis que, par les temps gris, le brun est brun, l'opale est opale, le bleu est bleu.
On voit les couleurs telles quelles...
Je choisis lanote sans soleil... Vous ne m'avez pas répondu, Thérèse ? Auriezvous, dans votre cœur un peu sauvage, écouté l'amour?
THÉRÈSE
Je ne l'ai pas encore entendu.
SCÈN£ Vin