SCÈNE XVII
THÉRÈSE et TRÉSEL, BÉRAUD , LYONNETTE, GONTARD, LA
FOLATIERE, RENÉ, toujours endormi. — Trésel tape légèrement sur son crâne chauve.
RENÉ, en sursaut.
Chichinette !
GONTARD, gravement, appuie son oreille contre la poitrine de René.
Il doit y avoir une mécanique...
TRÉSEL, revenant sur le devant de la scène avec Thérèse.
Mais si vous n'obtenez paslesucccs que vous désirez?
THÉRÈSE
C'est décidé, je me tuerai.
TRÉSEL
Exagération de théâtre.
THÉRÈSE
Quelque chose, en moi, pourtant, crie que mon âme est artiste. Il faudra, je le veux, que mon rêve, encore impuissant, sorte de sa chrysalide et qu'éclatent, vers moi, les applaudissements... Je sacrifierais tout pour cette heure délicieuse.
LYONNETTE
Le duc est entrain de <^ faire »
Thérèse... Laissons-lui du champ.
(Elle entraîne les gommeux vers la gauche.) GONTARD
Tu es complaisante.
TRÉSEL, à Thérèse.
Vous êtes découragée, abattue, démoralisée. Eh bien, je vous tends la main pour que vous puissiez arriver au succès entrevu... Vous aurez un
hôtel à vous, (mouvement de Thérèse,) dcS
chevaux à vous, des domestiques
à VOUS. Tous ceux qui, maintenant, se moquent de la comédienne pauvre s'inclineront devant vos équipages et vos toilettes... devant votre talent, aussi, développé par les leçons des professeurs que vous choisirez, devant votre beauté resplendissante. Allons!
Vous m'aimez ? Vous consentez ?..
Vous êtes à moi ? Tout sera à vous.
THÉRÈSE
El votre cœur?
TRÉSEL
Naturellement.