INTRODUCTION
La blennorragie est une des affections les plus ré-
. pandues. Elle atteint indifféremment l’un et l’autre
sexe, et assez fréquemment le sexe féminin, dans le jeune âge (vulgo-vaginite des petites filles).
Dans la grande majorité des cas, le diagnostic à la phase aiguë en est aisé. La recherche de l’agent pathogène responsable : le gonocoque de Neisser, est . facile ; ses caractères morphologiques et tinctoriaux, sa disposition en amas, sont autant d'éléments qui permettent d'affirmer sa présence.
Il en est autrement, lorsque l'affection étant passée à l’état chronique, des complications diverses surviennent : prostatite, épididymite, rhumatisme, salpingo-ovarite, etc.
Il est alors presque toujours impossible d'établir un diagnostic étiologique certain ; d’une manière générale on trouve dans les antécédents des sujets l'atteinte blennorragique, et d'autre part, les recherches microbiologiques restent le plus souvent négatives. AURE Ces faits, connus depuis longtemps, ont amené les auteurs à effectuer des recherches relativement à un autre mode de diagnostic. Et au. fur et à mesure du développement des connaissances biologiques, des procédés nombreux se sont fait jour. Nous allons les rapporter rapidement dans ce chapitre, en laissant cependant de côté, pour l'étudier plus longuement dans la suite, celui employant le phénomène de Bordet et Gengou.
%#Schürmann applique à la blennorragie un
OR
procédé général de diagnostic des maladies infec-. tieuses, décrit par Ascoli et Valenti : « La thermoprécipito-réaction ». |
La technique est simple : on prépare un extrait avec le produit suspect dont on veut établir la nature (pus d’urétrite, de vaginite, etc.), on verse doucement au-dessus de l'extrait, du sérum antigonococcique précipitant, et si l'extrait est d’origine gonococcique on ne tarde pas à voir se former au bout de quelques minutes (15 au maximum), à la zone de séparation des deux liquides, un anneau blanc caractéristique. ;
L’auteur fit ainsi 279 réactions, les cas examinés pouvaient se diviser en 25 aigus, 70 chroniques, 118 suspects, 49 non blennorragiques. Les résultats furent les suivants : sur les 95 cas aigus ou chroniques, 84 réactions positives, soit 88,4 p. °, ; sur les 118 cas suspects, 35 réactions positives, soit 29,6 p. *,; dans les 49 cas non blennorragiques, 9 réactions positives, soit 19 p. °/..
Zieman applique l'ophtalmo-réaction au diagnostic de la blennorragie. Pour cela, il se sert d’une cultüre sur gélose-ascite de gonocoques, desséchée et broyée au mortier. Il en fait une émulsion dans de l'eau physiologique phénolée à 5 p°/, dans la proportion de 1 p.°/,,. Il laisse cette émulsion à l’étuve à 37° pendant 24 heures, puis la filtre.
On dépose une goutte du filtrat stérile de cette émulsion dans le sac conjonctival et l’on observe les phénomènes réactionnels qui se produisent par la suite. |
Sur 38 cas de blennorragies chroniques, Zieman