‹ La gourmandiseChapitre 7 sur 11 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Au moment même où tous les convives du docteur se dirigeaient vers la salle à manger, un valet de chambre annonça :

— Madame la marquise de Miraîsda.

— La LrxïRE, dit tout bas le docteur à l'abbé. Je craignais qu'elle ne nous manquât.

Puis allant offrir son bras à Madeleine, plus belle, plus séduisante que jamais, le docteur lui dit en la conduisant dans la salle à manger :

— Je commençais à désespérer de la bonne fortune que vous m'aviez promise, madame la marquise. Écoutez donc! à mou âge, le bonheur de vous revoir ici, savezvous que cela vaut presque un rendez-vous? Ah! si j'avais seulement cinquante ans de moins!

— Je vous prendrais pour mon cavalier, mon cher docteur, dit la marquise en riant comme une folle. Ainsi c'est convenu, nous avons été ensemble du dernier mieux il y a cinquante ans.

Nous n'entreprendrons pas d'énumérer les merveilles de la salle à manger du docteur; nous nous bornerons à citer le menu de ce dîner, menu que chaque convive^ grâce à une délicate prévoyance, trouva sur la serviette, entre deux douzaines d'huitres, l'une d'Oslende, l'autre de Marennes. Ce menu était écrit sur blanc vélin, et encadré dans une petite bordure formée par des rameaux de feuilles d'argent ciselées et émaillces de vert. Cha-

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que invité savait ainsi la somme d'appélil qu'il devait tenir en réserve pour tel ou ici mets de prédileclion. Ajoutons seulement que la grandeur de la table et de la salle à manger était telle, qu'au lieu de ces chaises incommodes et pressées qui vous forcent de manger, comme on dit, les coudes au corps, chaque convive, assis dans un large elexcellentfauteuil, les pieds sur un moelleux lapis, avait toute la latitude nécessaire pour les évolutions de sa fourchette et de son couteau.

Voilà le menu que le chanoine prit d'une main tremblante d'émotion et lut religieusement :

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