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un danger plus ou moins grand, ii moins que la thérapeutique n’intervienne assez tôt pour les modifier, les détourner ou les chasser. Cette dépuration, ce nettoyage, c’est la Kaôapj'.r, la purgation, au sens général où l’entendaient les anciens. Arrêtons-nous sur ces différents points.
Quand il disait : « Les maladies chroniques viennent de l’homme, les maladies aiguës viennent de Dieu (i) », Sydenham était l’écho de la sagesse antique. Pour celle-ci, il y avait un certain nombre d’affections créées par l’homme, entretenues par lui, destinées à disparaître le jour où il le voudrait résolument. Chaque génération en reprochait à sa devancière ou s’en reprochait à elle-même la naissance. C’est un sentiment dont nous trouvons la fréquente expression dans la littérature ancienne que les maladies dues au mauvais régime de l’homme sont de date récente. Les historiens, les philosophes, les poètes acceptent que de tous temps l’homme ait souffert des intempéries, des accidents de la guerre ou du travail, et surtout de la colère des dieux; que les fièvres, les blessures et les pestes soient éternelles et fatales, mais la dépravation humaine, et pour eux elle commence avec le bien-être, est toujours née d’hier.
C’est ainsi que Platon, voulant fixer une date à l’apparition de la sensualité et des affections qui en sont la suite, fera dire à Socrate : « Recourir à Part du médecin, non pour des blessures ni pour quelque maladie saisonnière, mais pour les effets de cette vie molle, de ce régime que nous avons décrit et qui nous remplit de llux et de vapeurs, comme des marécages ; mettre les Asclépiadcs dans la nécessité d’ajouter à leur beau langage les noms de vents et de catarrhes , n’est-ce pas une chose honteuse à ton avis? — Glaucon. En effet, Socrate, ce sont des noms de maladies nouveaux et étranges (2) ».
(1) Sydenham. Dissert, epist. ad G. Cote.
(2) Platon. La République, liv. 111. Edit. Didol, t. II, p. 54.