LA GO U T T E E T LE R II U M A T I S M E
interrompues, au moins en Italie. Ils ont étudié les diverses sources, leurs propriétés et leurs indications. Bien que leurs travaux concernent plutôt les formes chroniques du rhumatisme que la goutte véritable, nous en dirons quelques mots.
En 1 33G , nous l’avons vu, les eaux de Bormio étaient examinées sérieusement et soumises à l’analyse chimique. Pierre de Tussignano, après Cassiodore, les recommandait contre la goutte ( conferl Gutlis), et insistait sur l’efficacité et des bains généraux et des douches locales.
Arnaud de Naples envoyait ses arthritiques à Pouzzoles où les sources étaient nombreuses : il leur conseillait les bains Aveuli et la fons episcopi. Le texte imprimé porte balnea civculi, mais c’est sans doute une faute, car il n’existait pas de source de ce nom.
François de Piémont énumère les bains salés, sulfureux, alumineux et ferrugineux et loue les bains de Sainte-Lucie à Naples. Les deux sources du quartier Sainte-Lucie Vacqua sulfurea et Vacqua fer rata sont encore utilisées, mais en boisson seulement.
Puis viennent les travaux de Gentile de Foligno, de Mengo de Faenza, de Guainerio, de Savonarole et de tous ceux dont on a réuni les écrits dans la collection cle Balneis (i). Guaincrio préfère les sources où le soufre et l'alun (?) dominent et il nomme : Petriolo et san Filippo dans le comté de Sienne ; Corsena dans le comté de Lucques ; San Giuliano dans le comté de Pise; Santa Maria in Bagno dans la Romagne ; Acqui dans le marquisat de Montferrat (2).
Savonarole (3) nous donne un traité complet de médecine thermale, décrit les diverses pratiques, le bain chaud ordinaire, le bain de vapeur (étuve humide), le bain d’air chaud
(1) De B.vlneis. Venise, i553, in-fol.
(2) Ant. Guaynerii Papiensis de Juncturis, sive de artlietica et calculosa passione commenlariolus. S. d., ch. xxx.
(3) In de B.vlneis, p. 2 et suiv.
SALERNE. — LES ARABISTES
(étuve sèche), et trouve que les uns et les autres sont nuisibles dans les formes aiguës ou subaiguës de la goutte et en donne une preuve. Le marquis Nicolas d’Este fut envoyé à Àcqui soigner sa goutte et en revint avec ses douleurs. Par contre, ce même Nicolas vit un de ses amis calmé par une aspersion d'eau froide, bien qu’en général Peau froide soit contraire aux jointures : « Mais par hasard elle réussit quelquefois, comme dans le cas précédent. » Etudiant en détail les diverses sources thermales, il recommande Abano, la Porretta, Corsena, San Giuliano, Petriolo, Viterbe, Asculo, 'San Cassiano, Acqui.
B. de Clivolo (i) et Conrad Gesner vantent certaines ^stations de Suisse comme Pfeiffer s et Bade; d’Allemagne .comme Baden-Baden, Wilbad, Gastein, Ems et Aix-la- Chapelle ; de Lorraine comme Plombières. Baccio (2) mentionne les eaux sulfureuses des Pyrénées et loue surtout Balnea ad Borbonium Ancerici, c’est-à-dire Bourbon-Lancy. Cette dernière source était fort ancienne; elle figure sans doute sous le nom d’Aquae Nesineii (les auteurs de la Renaissance ne disent pas Bourbon-Lancy, mais Bourbon-Nanci) -sur la table de Peutinger ; enfin son nom même de Bourbon nous reporte à l’époque fort lointaine où une divinité nommée Bormo ou Borvo présidait aux cures thermales, à Bour- ; bon-Lancy, comme h Bourbon-l’Archambault, comme à i Bourbonne, à la Bourboule et à Bormio.
(1) De Balneis. p. 2/17.
(2) Baccio. De Tliermis, p. 1 53 et suiv.