‹ La goutte et le rhumatismeChapitre 99 sur 130 · LES DERNIERS G ALÉNISTES.- L'ALCHIMIE ET LA CIIIMIATRIE · texte numérisé non relu

LES DERNIERS G ALÉNISTES.- L'ALCHIMIE ET LA CIIIMIATRIE

(lant tant d’années, a été aussi facile et sûre pour mes malades que favorable à ma réputation et à ma fortune » (i).

Il nous reste à demander à Sylvius son sentiment sur deux points importants de la thérapeutique des maladies articulaires, l’expectation, la saignée. Au sujet de la première il s’exprime ainsi: « Tous ceux qui, à l imitation des anciens, abandonnent la grosse part de la cure des malades à une nature chimérique, ou je ne sais laquelle, et qui, à l’exception du régime, qu’ils dirigent un peu, restent spectateurs du combat qu’ils imaginent entre la nature et la maladie, et se constituent les arbitres de la victoire, qui échoit tantôt à la maladie, tantôt à la nature, ceux-là, sans aucun doute, pèchent par défaut. »

Quant à la saignée, le nom n’en est pas prononcé dans le traité de l’arthritis, mais, si l’on se souvient que Sylvius attribuait à celle-ci la même origine qu’aux fièvres, on peut appliquer à la première ce qui est dit à propos des secondes : « La plupart des médecins Parisiens regardent la saignée comme le meilleur remède et presque le seul dans n’importe quelle affection. Je ne puis me ranger à leur avis ni croire à l’efficacité de ce moyen pour rectifier ou diminuer les trois humeurs altérées de l’une ou de l’autre façon, alors qu’on ne peut apporter en sa faveur aucune raison probable, aucune observation certaine. Tout au contraire la raison persuade plutôt le contraire et l’expérience en dit autant» (2). Cette critique des médecins français est absolument juste ; ils poussaient alors l’abus de la saignée à un point incroyable dans le traitement des maladies articulaires et surtout du rhumatisme.

Après avoir parcouru sans aucune prévention tout ce que Paracelse, Yan Helmont et Sylvius de le Boë ont dit de la goutte, nous sommes obligés de conclure que la chimiatrie

(1) Ibid., p. 787.

(a) Sylvius. Loc. cit., p. 809.

L A G 0 U T T R ET R R It H U M A T I S M R

n’a pas contribué plus que l’alchimie aux progrès de nosconnaissances touchant cette maladie. On leur est redevable de la découverte et de l’essai de quelques médicaments, voilà tout. Elles n’ont jeté aucune lumière sur l’origine, la nature, ni les caractères de l’affection. Aussi, à l'heure où il écrivait, et où naissait précisément une chimie plus sérieuse, Sydenham était-il autorisé à dire : « Pour tout homme sage, c’est uneerreur de penser que rien ne peut faire progresser davantage la médecine que de nouvelles découvertes des chimistes. Certes il y aurait une véritable ingratitude à ne pas reconnaître de bonne grâce le bien que la chimie nous a fait en nous fournissant quelques remèdes utiles, et tout h fait propres à satisfaire aux indications (parmi lesquels cet émétique dont nous avons parlé déjà ne tient pas le dernier rang) ; aussi, et pour cette raison, l’art chimique mérite-t-il quelque éloge, mais c’est à la condition qu’il ne sorte pas du domaine de la pharmacie » (i).

(x) Sydenham. Tract, de liydrope. Éd. Genève, 1 767 , t. I, p. 33g.

DELPEUCH. — La Goutte et le Rhumatisme.

Planche VI.

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